8 conseils pour offrir des soins de qualité aux jeunes autochtones du nord

À quoi ressemblent des soins de santé sexuelle de qualité et non stigmatisants pour les jeunes autochtones et des régions nordiques? Cette question est devenue très importante pour moi.

J’ai eu le privilège de discuter de cette question en profondeur avec des jeunes des Territoires du Nord-Ouest, du Yukon et du Nunavut, à titre d’animatrice de programme pour FOXY (« Fostering Open eXpression among Youth »), un programme de santé sexuelle et génésique fondé sur les arts, lauréat du Prix inspiration arctique de 2014, qui a conquis le Nord grâce à son approche révolutionnaire pour parler de santé sexuelle, de sexualité et de relations avec les jeunes.

Les huit réponses suivantes sont une compilation de mes discussions de groupe candides et ouvertes avec des jeunes autochtones et des régions nordiques.

  1. Dites-leur que vous êtes heureux qu’ils soient là

Une des meilleures choses que vous puissiez faire pour encourager les jeunes à recourir aux soins de santé, pour qu’ils aient une expérience positive et pour les aider à passer le message, c’est de les accueillir et de les féliciter d’avoir pris les moyens de prendre soin d’eux. Pour plusieurs individus, en particulier les jeunes, le fait de ne pas se sentir bienvenus ou de ne pas être traités de manière neutre peut être rebutant. Un accueil chaleureux et un bravo pour leur présence font toute la différence.

  1. Confidentialité

Lorsqu’on vit dans une petite ville, il peut être utile d’être assuré que sa relation avec un professionnel de la santé est confidentielle. Bien sûr, soyez honnête quant à toute restriction qui s’applique, en particulier pour les jeunes. Mais la confidentialité est très importante, dans le contexte de la santé sexuelle et génésique; rappeler aux patients que leurs renseignements sont en sécurité est un pas de plus vers une consultation réussie.

  1. Soyez accessible

Dans le Nord, où les soins de santé ne sont pas toujours accessibles, vous devez être aussi disponible que possible. Ce pourrait être la toute première fois, ou la première fois depuis longtemps qu’une personne choisit d’accéder à vos services ou est en mesure de le faire – soyez attentif.

  1. Écoutez

La plainte numéro 1 des adolescents à l’égard des professionnels de la santé est qu’ils n’écoutent pas! Que nous le faisions parce que nous supposons qu’il ne comprend pas ou qu’il ne sait pas prendre de bonnes décisions, ne pas être à l’écoute d’un jeune patient aura immanquablement pour effet qu’il se renferme et qu’il érige une barrière qui sera encore plus difficile à surmonter la prochaine fois qu’il aura besoin d’accéder au système de soins de santé. Après tout, les jeunes sont les experts à propos d’eux-mêmes; et je vous assure que nous sommes beaucoup plus susceptibles de les sous-estimer que de les surestimer.

  1. Reconnaissez les barrières linguistiques

Il est important de reconnaître que plusieurs jeunes autochtones des régions nordiques n’ont pas le français ou l’anglais comme langue maternelle. De plus, la maîtrise du français ou de l’anglais comme langue seconde n’est pas indicatrice de l’intelligence ou de la capacité de comprendre un concept. Les gens comprendront si vous formulez les choses de la bonne façon.

  1. Ne faites pas de suppositions quant au genre ou à la sexualité

L’hétéronormativité est un puissant dissuasif dans l’accès aux soins de santé chez les jeunes LGBTQ2+. En ne supposant pas le genre ou la sexualité d’un patient, vous aidez à combattre la stigmatisation et à fournir des soins supérieurs et plus complets.

  1. Soyez renseigné sur les traumatismes et la violence

On observe une tendance, dans les cercles médicaux du Canada, à se renseigner davantage sur les traumatismes et la violence. Cela peut aider à fournir des services très cruciaux à un vaste segment démographique, d’une manière qui optimise la réceptivité et l’efficacité. Nous pouvons faire plusieurs choses pour reconnaître la violence et le traumatisme et pour adapter nos consultations médicales, dans le cas d’un patient qui fait face à de telles expériences.

  1. Préparez-les à la prochaine fois

Vous ne savez pas qui fournira des soins à votre patient la prochaine fois. Encouragez-le à ne pas abandonner si sa prochaine expérience n’est pas idéale; rappelez-lui qu’il peut demander un deuxième avis, et que c’est un choix responsable s’il considère ne pas avoir reçu les soins appropriés.

Nous contribuons tous à l’héritage de notre époque, et j’espère que nous progressons vers de meilleurs services pour tous, y compris pour nos jeunes autochtones et des régions nordiques qui habitent dans de petites communautés éloignées. Ces huit mesures exigent de la pratique pour devenir une seconde nature, mais elles en valent la peine. Lorsque nous faisons sentir à nos patients qu’ils le méritent, ils nous le rendent tout autant.