Bébés et enfants : la santé sexuelle et la parentalité positive à l’égard du sexe  

Il est rare que nous abordions le sujet de la santé sexuelle dans la perspective des bébés et des enfants, mais nous devrions le faire. En tant que parents ou soignant-es, nous voulons que nos enfants grandissent heureux et en santé – ce qui inclut leur santé et leur bien-être d’ordre sexuel. La parentalité positive à l’égard du sexe peut nous aider à considérer la santé sexuelle de nos enfants comme une priorité, un aspect clé de leur santé, et à leur enseigner les notions du genre et de la sexualité.  

 

La parentalité positive à l’égard du sexe, qu’est-ce que ça signifie?  

Le côté « sexe », dans la « parentalité positive à l’égard du sexe », pourrait préoccuper certaines personnes. Être des parents positifs à l’égard de la sexualité, qu’est-ce que ça signifie? S’agit-il d’encourager nos enfants ou nos adolescent-es à avoir des relations sexuelles? Ou de les exposer à du contenu ou à des sujets inappropriés? N’ayez crainte, ce n’est rien de tout cela! 

La parentalité positive à l’égard du sexe consiste à enseigner aux enfants – d’une manière appropriée à l’âge et au stade de développement – que la sexualité est un aspect naturel, normal et sain de l’enfance, de l’adolescence et de l’âge adulte. Ceci inclut de se renseigner pour être en mesure d’amorcer d’importantes conversations, dans notre foyer, sur des sujets comme le consentement, la sécurité physique, les normes de genre, l’identité de genre, l’intimité et les relations saines. C’est répondre aux questions lorsqu’elles se présentent (ou les aborder lorsqu’elles sont évitées) et devenir des personnes éducatrices et des ressources dignes de confiance pour nos enfants. C’est leur permettre de développer leurs habiletés d’établissement de limites et de communication ainsi qu’une image corporelle positive. 

Nous sommes tous et toutes des êtres sexuels dès la naissance. Nous savons que la santé et le bien-être sexuels sont essentiels à une vie épanouie. Être des parents positifs à l’égard de la sexualité, c’est savoir que nos enfants deviendront des adultes autonomes avec leurs propres identités de genre, expressions de genre et sexualités. C’est vouloir les préparer et les aider à demeurer en santé tout en découvrant qui ils sont. Fournir un tel soutien à nos enfants est un processus qui dure toute la vie. Les conversations commencent dès un jeune âge et se poursuivent au fil des années sous forme d’explications adaptées à l’âge et d’occasions de renforcement des habiletés. 

 

Qu’est-ce que l’approche négative à la sexualité? Qu’est-ce que l’approche positive à la sexualité?  

Pour intégrer l’approche positive à la sexualité dans notre parentalité, il est important de bien comprendre ce dont il s’agit. L’approche positive à la sexualité a été créée en réponse à une perception négative de la sexualité. Par conséquent, voyons d’abord ce en quoi consiste l’approche négative à la sexualité.  

L’approche négative à la sexualité est la perspective selon laquelle le sexe est mauvais, honteux, dégoûtant ou péché – une idée qui est entretenue depuis plusieurs siècles. Même si la procréation et les relations sexuelles dans le cadre du mariage sont généralement acceptées, l’idée selon laquelle le plaisir, le corps et le sexe sont (au mieux) un « mal nécessaire » pour avoir des enfants est profondément ancrée dans l’histoire.  

Ces attitudes ont évolué au fil du temps. Toutefois, à plusieurs égards, ce sont surtout les limites du type de sexe permis qui ont évolué. Nous continuons de considérer certaines formes d’expressions sexuelles tout à fait courantes comme étant exclues de la définition du sexe acceptable.  

L’approche négative à la sexualité dévalorise le sexe et les expériences. Elle porte à croire que toute expression sexuelle qui ne cadre pas dans ce que la société définit comme étant « normal » n’a aucune valeur. Elle établit une hiérarchie des sexualités, où les relations hétérosexuelles et monogames entre deux partenaires cisgenres mariés trônent au sommet, et où la masturbation et les sexualités non hétérosexuelles occupent un rang inférieur. Au fil de l’histoire, nous avons criminalisé, marginalisé et stigmatisé les autres expressions de la sexualité; nous avons privé des personnes de l’accès à l’information et à des soins de santé; et nous avons tenté de les cacher du public. Ceci supprime l’expression honnête des sexualités et les connexions authentiques entre individus de tous genres, et conduit plusieurs personnes à ressentir de la honte et de la peur face à la sexualité. 

Bref, l’approche négative à la sexualité considère certains actes sexuels (comme les relations hétérosexuelles à des fins procréatives dans le cadre du mariage) comme étant acceptables, et d’autres (comme les relations sexuelles hors mariage ou le sexe queer) comme mauvais ou immoraux. Elle attribue une valeur morale au sexe que vous avez, insiste uniquement sur les risques ou les conséquences possibles des relations sexuelles, et laisse généralement peu d’espace aux conversations sur des sujets comme le plaisir ou le consentement. De plus, elle place la peur au centre des conversations et des attitudes liées au sexe (par exemple, la peur des ITS ou de la grossesse non planifiée). Une telle approche de réflexion ou d’enseignement a pour effet que nous connaissons tout ce qui est à craindre, mais rien des côtés potentiellement agréables ou plaisants du sexe.

L’approche positive à la sexualité considère la sexualité comme un aspect naturel, normal, sain et agréable de la vie et de l’expérience humaine. Elle embrasse la sexualité. En ce qui a trait aux actes, pratiques ou expériences d’ordre sexuel, les seules préoccupations valables sont le consentement, le plaisir et le bien-être des personnes impliquées ou concernées.  

Cette approche n’accorde aucune valeur morale aux différentes sexualités ou activités sexuelles et elle remet en question les hiérarchies des genres et des sexualités. Elle aide à mettre de côté les jugements et à accueillir la diversité de la sexualité humaine. 

Bon nombre de personnes confondent l’approche positive à la sexualité avec l’enthousiasme pour le sexe, la témérité sexuelle ou la croyance selon laquelle le sexe est toujours bon/positif. D’autres croient qu’être positif ou positive à l’égard du sexe signifie qu’on « accepterait de faire ceci ou cela » ou qu’elle exclut celles et ceux d’entre nous qui sont asexuel-les, qui ne sont pas très enclin-es au sexe ou aux pratiques sexuelles coquines, qui ont été agressé-es, qui n’ont jamais eu de relations sexuelles agréables, qui sont vierges, abstinent-es, hétérosexuel-les, etc. Ce n’est rien de tout cela. L’approche positive à la sexualité invite au réel respect de notre sexualité et de celle des autres, dans toute sa diversité. 

Quel est le lien entre l’approche positive à la sexualité et l’éducation des enfants?  

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) définit la santé sexuelle comme un état de bien-être physique, mental et social en relation avec la sexualité. Pour que cela soit possible, il nous faut une approche positive et respectueuse à l’égard de la sexualité et des relations sexuelles ainsi que la liberté d’avoir des expériences sexuelles agréables, sécuritaires et exemptes de coercition, de discrimination et de violence.  

En parlant à nos enfants (d’une manière adaptée à l’âge) de la sexualité et de tout ce qui s’y rattache, nous établissons des bases importantes et propices à un tel bien-être, et nous encourageons une approche positive et respectueuse à l’égard de la sexualité qui leur permettra d’avoir une vie saine et de s’épanouir.  

Ceci signifie de délaisser l’idée typique de la « conversation » gênante que l’on a une seule foisafin de normaliser les discussions sur le genre et la sexualité dans nos foyers et de devenir des sources d’information et de soutien dignes de confiance dans ce processus. 

Faire le point sur nos propres valeurs  

Un vaste éventail de valeurs, de présupposés et de croyances influencent nos perspectives et notre fonctionnement. Nos présupposés sur le genre, la sexualité, les relations, les corps et la vie familiale peuvent avoir un impact direct sur notre approche parentale et nos interactions. Certains de ces présupposés ont des conséquences positives, alors que d’autres peuvent être plus négatifs et néfastes – que ceci soit voulu ou non, et que nous en soyons conscient-es ou non.  

Il peut être utile de réfléchir à ce que nous avons appris à considérer comme étant « sensé » ou « normal » (par exemple, l’idée qu’une famille se compose d’une maman, d’un papa et de leurs enfants biologiques, ou qu’un garçon puisse être en amour uniquement avec une fille). Ceci peut aider à remettre en question les catégories dans lesquelles nous tentons de classer les gens, y compris nos propres enfants.   

La première étape (et la plus cruciale) consiste à évaluer nos valeurs et à remettre en question nos présupposés pour ouvrir la voie à des discussions sur la sexualité et le genre qui permettent aux enfants de voir la diversité des expériences possibles et de développer leur être authentique. Une réflexion sur nos valeurs peut nous aider à comprendre pourquoi nous sommes mal à l’aise face à certains aspects de la conversation et pourquoi nous ressentons certaines choses, par exemple en voyant un garçon vêtu d’une robe ou une personne dont la présentation de genre n’est pas évidente pour nous.  

Cultivez votre curiosité! Conseils et questions de réflexion 

  • Faites preuve de curiosité dans les moments où vous êtes mal à l’aise, sur la défensive ou réticent-es face à certaines personnes ou expériences qui remettent en question votre compréhension actuelle. Cultivez la conscience de soi en reconnaissant les moments où ces sentiments émergent et en comprenant les pensées et les comportements qui en découlent. 
  • Avec quelles valeurs et quelles croyances avez-vous grandi au sujet du sexe, de la sexualité et du genre? D’où viennent-elles, et comment ont-elles évolué avec le temps? Comment ces valeurs peuvent-elles varier d’un individu à l’autre, selon son identité ou son contexte de vie?  
  • Comment vos propres expériences liées au genre, au sexe et à la sexualité ont-elles influencé vos perspectives à cet égard? Quelles expériences importantes ont eu un impact marquant sur vos croyances et vos valeurs?  
  • Quelle était votre culture familiale? Votre famille parlait-elle ouvertement des émotions? Des corps? De la sexualité? Comment voyait-on la vie privée? De quels sujets était-il facile ou difficile de parler?  
  • Avez-vous déjà jugé une personne pour ses comportements ou ses choix sexuels? Pour la présentation de son genre? Vous êtes-vous déjà demandé d’où venaient ces sentiments?
  • Essayez-vous généralement de réfléchir aux différents points de vue possibles lorsque vous discutez d’un sujet important comme la reproduction ou la famille? Par exemple, si vous parlez des façons de faire un bébé, comment vos ami-es qui ont eu besoin d’aide à la fertilité pourraient-ils/elles se sentir? Comment le camarade de classe de votre enfant qui a deux mamans ou deux papas se sentirait-il? La personne trans, à votre travail, qui est enceinte? Ou votre jeune fils gai, qui espère vraiment fonder un jour une famille?  
  • Examinez votre langage et réfléchissez à l’impact que les mots ou les expressions que vous utilisez peuvent avoir, en faisant en sorte que des personnes se sentent incluses ou exclues, soutenues ou humiliées, vues ou jugées. 

La curiosité et la réflexion sur ces questions peuvent nous aider à identifier nos présupposés sous-jacents et à les examiner de manière critique. Elles peuvent nous préparer à affronter les moments inconfortables qui surviendront en ouvrant la porte aux questions liées au sexe, dans notre famille. Mais surtout, elles permettent une éducation qui n’étiquette pas nos enfants et qui ne transmet pas de valeurs négatives à l’égard de la sexualité. 

Quels sont nos droits? Et ceux de nos enfants?  

L’éducation, la santé et le bien-être des enfants s’accompagnent souvent de questions liées à l’autorité et aux droits des parents. Il est important de connaître nos droits et de comprendre en quoi ils se rattachent à ceux des autres, y compris ceux de nos enfants.  

L’autorité parentale, en droit familial, désigne les droits et responsabilités des parents à l’égard de leurs enfants, dès la naissance et jusqu’à l’âge de 18 ans. En vertu de cette autorité, les parents prennent des décisions qui influencent le bien-être de leurs enfants. Ceci signifie que les parents ont des droits dans les décisions qui concernent l’éducation, les soins de santé et la religion d’un enfant, entre autres aspects importants.  

Les droits parentaux peuvent être limités lorsque cela est justifié. Ils peuvent être soupesés par rapport à d’autres considérations comme les droits humains et l’intérêt supérieur des enfants et des jeunes concernés. Les droits parentaux ne peuvent pas et ne devraient pas être mis en opposition avec la santé et les droits des jeunes, comme s’il s’agissait d’un jeu à somme nulle. Tout compte fait, les droits parentaux sont importants et doivent être soutenus, mais ils ne doivent pas l’emporter sur les droits humains des jeunes – y compris (sans s’y limiter) leurs droits à la santé, à l’information et à la non-discrimination.  

Nous devons considérer nos enfants comme détenant eux aussi des droits. Qu’entend-on par cela? Nos enfants ont le droit à la santé. Ce droit est depuis longtemps considéré comme étant « inclusif » – c’est-à-dire qu’il protège non seulement contre des atteintes ou violations évidentes (comme le fait d’être privés d’accès aux soins de santé), mais qu’il englobe également une vaste gamme de droits et de libertés qui sont essentiels à des résultats de santé adéquats, comme la non-discrimination, la protection contre les pratiques traditionnelles néfastes et l’accès à l’éducation et à l’information en matière de santé. Le droit à la santé va au-delà de l’absence de violations de droits humains; pour qu’une jeune personne puisse l’exercer, il est primordial que toutes les conditions soient réunies, notamment l’accès à l’éducation et à l’information. 

Nos enfants comptent sur nous pour voir au respect de leurs droits. Pour ce faire, nous pouvons nous assurer qu’ils reçoivent l’information dont ils ont besoin, au fil du temps, afin de prendre des décisions importantes qui leur permettront de demeurer en santé et de s’épanouir.  

Pourquoi cela est-il important?  

Tout parent désire que ses enfants soient en sécurité. Au-delà de la sécurité, les parents souhaitent que leurs enfants grandissent en santé et s’épanouissent. En quoi cela concerne-t-il nos conversations avec nos enfants sur le sexe, la sexualité, le genre et les relations? En fait, les liens sont nombreux!  

La parentalité positive à l’égard du sexe a notamment pour objectifs de protéger nos enfants, de leur fournir l’information dont ils ont besoin pour s’épanouir, de cultiver leur résilience et de les aider à développer un concept de soi positif.  

Une multitude de preuves démontrent le besoin urgent d’une éducation sexuelle de qualité à la maison (et dans les écoles) de même que ses impacts positifs. Il est très important de devenir une source d’information et de soutien digne de confiance auprès de nos enfants. Des conversations avec nos enfants à propos du genre, de la sexualité et de la santé :  

  • Préparent nos enfants à prendre des décisions saines concernant leurs corps, leurs relations et éventuellement, leurs vies sexuellesDes études ont démontré que des discussions ouvertes sur la sexualité entre parents et enfants/adolescent-es atténuent les comportements à risque et le besoin de se conformer à ce que l’on pense que les autres font (c.-à-d. que les jeunes prennent les décisions qui leur conviennent plutôt que d’imiter celles des autres), en plus d’aider les jeunes à percevoir leurs parents comme de bonnes sources d’information. Ces conclusions font partie d’un vaste ensemble de données internationales qui démontrent les impacts positifs d’une éducation sexuelle complète. Cliquez ici pour consulter la recherche sur l’éducation sexuelle de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).   
  • Soutiennent les jeunes dans le développement de leur être authentiqueIl est bénéfique à chaque enfant de recevoir l’information, le soutien et l’espace nécessaires pour être réellement lui-même. Entre 4 % et 10 % de la population ne s’identifie pas comme hétérosexuelle et/ou cisgenre. Cette proportion continue de croître à mesure que les jeunes générations deviennent plus à l’aise avec une compréhension fluide du genre et de la sexualité et que l’on crée une ouverture, dans notre société, pour permettre aux personnes d’être réellement elles-mêmes. La plupart des enfants ont une idée de leur identité de genre dès l’âge de 2 ou 3 ans! Ces données signifient que plusieurs d’entre nous élèvent des enfants qui s’identifient déjà ou s’identifieront éventuellement comme LGBTQ2+ (lesbiennes, gais, bisexuel-les, trans, queer, bispirituel-les et plus). Un soutien et des liens familiaux solides sont cruciaux à la santé et au bien-être général des jeunes LGBTQ2+. Ce sont des prédicteurs de meilleurs résultats de santé mentale et physique pour le reste de leurs vies. Les enfants cisgenres et/ou hétérosexuels bénéficient également de l’espace que nous créons pour les aider à découvrir comment ils souhaitent exprimer leur genre et ce qui les passionne, en les libérant des règles sur ce qu’un garçon ou une fille « devrait » être. Dans les écoles dotées de politiques inclusives à l’égard des LGBTQ2+ et d’alliances gai/hétéro (AGH), une diminution du risque de suicide et des comportements à risque s’observe parmi TOUS les élèves, et pas seulement ceux de minorités sexuelles et de genre. Ceci s’applique à la maison également : lorsque nous permettons à tous les enfants de se développer de manière authentique, entourés d’amour inconditionnel et d’un soutien actif, ils s’épanouissent.  
  • Aident nos enfants à comprendre les normes de genre rigides et à les remettre en questionDes rôles de genre stricts nuisent aux enfants et aux jeunes. Soutenir nos enfants dans la découverte de leur identité implique de les aider à comprendre les normes de genre rigides et à les remettre en question – ce qui est une excellente chose! Ce que nous voyons comme des traits de genre immuables sont plus souvent des attentes sociales quant au comportement des hommes et des femmes, et non des caractéristiques fixes et ancrées dans la biologie. Les études sont claires, en ce qui a trait à l’impact de ces rôles culturels sur les jeunes enfants de tous les genres : les attentes rigides liées au genre peuvent causer des troubles de santé mentale et physique. Le fait d’avoir des conversations avec nos enfants à propos des normes de genre, tout au long de leur vie, peut les aider dans les moments où ils sont confrontés à des commentaires néfastes sur « ce qu’ils devraient être ».
  • Mettent en relief le sexisme et la discrimination fondée sur le genre et les remettent en questionLe sexisme est l’oppression systémique des femmes, des personnes non binaires, des personnes trans et des personnes dont le genre n’est pas conforme aux normes. Une telle oppression systémique peut être exercée par des institutions comme les écoles, les milieux de travail et les gouvernements. Elle peut aussi être exercée par des individus, sous forme de préjugés et d’actes discriminatoires. Plusieurs enfants rencontrent du sexisme et n’ont pas nécessairement les mots ou le soutien d’adultes dignes de confiance pour exprimer leurs expériences et les comprendre. En 2018, les résultats d’un sondage canadien réalisé par les Guides du Canada ont révélé que, dès l’âge de 10 ans, plus de la moitié des filles remarquent des inégalités de genre et en font l’expérience. La lecture du rapport du « Girls Attitude Survey » aide à mieux comprendre les impacts à long terme du sexisme et de la discrimination à l’endroit des filles et des jeunes femmes : troubles anxieux, troubles alimentaires, dépression, abus, désintérêt pour les carrières en sciences, en technologie, en droit et en politique, etc. Et le sexisme n’affecte pas que les filles. L’idée selon laquelle le masculin l’emporte sur le féminin limite également l’expression de genre des garçons, qui sont punis par la société s’ils démontrent des traits ou des intérêts considérés comme féminins. Ceci peut inclure l’expression d’émotions comme la tristesse, la peur et la tendresse, le souci des autres, ou encore le simple fait d’aimer la couleur rose ou de vouloir suivre des cours de ballet. Il en va de même pour les enfants trans, de genre non conforme ou créatifs en matière de genre, qui sont grandement affectés par le sexisme et qui ont besoin de notre soutien et de nos conseils pour faire la part des choses entre les expériences de discrimination et leur estime de soi. La parentalité positive à l’égard du sexe encourage la résilience de TOUS les enfants face à l’adversité et cultive un sentiment de communauté et de fierté par rapport à leur identité.
  • Protègent contre l’agression sexuelleAfin de prévenir les préjudices, il est important de se renseigner sur l’agression sexuelle et d’éduquer nos enfants à propos de leurs corps et de leur sécurité physique. En renseignant nos enfants au sujet de leurs corps, de la reproduction et de la sexualité humaine – notamment en leur montrant les mots corrects pour désigner leurs organes génitaux –, nous pouvons les aider à grandir en comprenant leurs corps, en étant confiants et en se sentant à l’aide de parler de leurs corps et de leur sexualité avec les parents et les tuteurs et tutrices qui les aiment et les soutiennent. Il est important d’enseigner à nos tout-petits le nom de leurs parties du corps et les notions du toucher sécuritaire et non sécuritaire, même s’il peut être inconfortable ou triste d’aborder le sujet de l’agression sexuelle. Connaître les noms adéquats des organes génitaux et savoir qu’il existe des personnes rusées peut aider à reconnaître une situation d’agression et à l’éviter. En éduquant nos enfants, nous leur donnons également les outils et le vocabulaire nécessaires pour dire à des adultes dignes de confiance et à des professionnel-les de la santé qu’ils ont besoin d’aide, ce qui augmente leurs chances de recevoir le soutien dont ils ont besoin. Parler du consentement et des touchers sécuritaires/non sécuritaires permet d’élever des enfants qui comprennent que l’agression sexuelle n’est pas correcte, qui ont une meilleure capacité d’empathie face aux autres et qui respectent leurs droits et leurs sentiments. En plus de prévenir des risques préoccupants, la connaissance des noms adéquats de toutes les parties du corps aide les enfants à développer une image de soi saine et positive et un plus grand respect d’eux-mêmes et de la sexualité en général. Elle permet de contrer la honte et les tabous qui entourent les organes génitaux, le désir, le plaisir sexuel et la sexualité en général.  
  • Enseignent le consentement aux enfants – comment l’exprimer, le demander et respecter les limites des autresCeci implique de parler du consentement dès un jeune âge pour inculquer aux enfants qu’ils sont maîtres de leurs corps. Au-delà de la responsabilité des parents, tuteurs ou tutrices de protéger leur santé et leur sécurité, il leur appartient de décider à quel moment ils ont envie d’un câlin ou d’un baiser. Ceci signifie également qu’ils peuvent dire « arrête » ou « non » et s’attendre à être respectés. Un aspect clé de l’enseignement du consentement à vos enfants peut être d’établir des limites concernant votre propre corps et de leur montrer comment vous vous attendez à ce qu’elles soient respectées.   
  • Aident les enfants à établir et à maintenir des relations solides et sainesLorsqu’on interroge les jeunes personnes sur le contenu qu’elles souhaitent voir dans leur programme d’éducation sexuelle, l’une des réponses les plus fréquentes est le développement d’habiletés pour établir et maintenir des relations saines, affectueuses, satisfaisantes et mutuellement respectueuses. Au cours des dernières années, le projet « Making Caring Common » (une étude pluriannuelle de l’École supérieure des sciences de l’éducation de Harvard) a sondé les jeunes pour connaître ce qu’ils ont appris, n’ont pas appris ou auraient aimé apprendre de leurs parents et de leurs classes d’éducation sexuelle. Les résultats ont révélé qu’un nombre considérable d’adolescent-es et de jeunes adultes se sentent mal préparés à des relations romantiques affectueuses et durables et qu’ils ressentent de l’anxiété face au développement de telles relations. Ils affirment que les parents, les personnes enseignantes et d’autres adultes dignes de confiance ne leur apportent que peu de soutien, voire aucun, à cet égard. La bonne nouvelle est que la grande majorité des jeunes VEULENT recevoir un tel soutien. Les relations saines et les réseaux de soutien social sont très importants : ils ont un impact direct sur notre bien-être, voire sur notre espérance de vie. Des relations solides et saines nous aident à gérer efficacement le stress, à résoudre les problèmes et à surmonter les défis de la vie. Montrer à nos enfants à avoir des amitiés saines dès un jeune âge peut les préparer à certaines des expériences les plus significatives et gratifiantes de leurs vies. Disons-leur ce qu’est un-e bon-ne ami-e. Donnons l’exemple d’un bon comportement en relation et expliquons comment aider les gens qui nous entourent et comment savoir à qui faire confiance. Des conversations dès un jeune âge sur les limites, la confiance, la communication saine et le consentement nous permettent de devenir une ressource digne de confiance pour nos enfants qui apprennent à naviguer dans la scène sociale!
  • Aident à contrer les messages négatifs à propos de la sexualité qui ont un impact durableLa parentalité positive à l’égard du sexe aide nos enfants à grandir en voyant la sexualité comme un aspect naturel, normal, sain et agréable de la vie et de l’expérience humaine. Un message primordial de l’approche positive à la sexualité est que tout acte sexuel ou tout toucher du corps devrait être consensuel. Lorsque nous sortons la honte du cadre de la sexualité, nous pouvons établir de solides bases de sensibilisation au consentement. Si nous montrons à nos enfants à ne pas avoir honte de leur sexualité et de leur désir, ils sauront mieux ce qu’ils veulent et ne veulent pas; ils développeront la capacité de communiquer sur le consentement sexuel, les limites et le désir; et ils pourront exprimer un « oui » ou un « non » sincère à leurs partenaires. La parentalité positive à l’égard du sexe ouvre la voie aux questions et à la recherche d’information, car le sujet n’est plus entouré de honte et de secrets. Ceci signifie qu’en grandissant, nos enfants pourront nous demander du soutien et nous poser des questions lorsqu’ils ont besoin de conseils. Évidemment, dans le cas des tout-petits, la navigation des relations romantiques et du sexe avec des partenaires est encore très loin. Mais l’éducation des enfants dans un cadre positif à la sexualité doit débuter en même temps que le rôle de parent. Notre travail commence avant même que nos bébés puissent parler, car en prenant soin d’eux, nous stimulons leur apprentissage sur leurs corps, leur genre, le respect et le consentement.  

À quel moment doit-on commencer à parler de sexualité?  

Nous pouvons commencer à parler de sexualité dès que l’enfant pose des questions sur le sujet. Alors que l’objectif est d’éliminer toute connotation négative et toute formule évasive au sujet de la sexualité, il est important d’établir l’intention de nos leçons et de ne pas submerger nos enfants d’informations superflues. Nos conversations sur le sexe devraient être adaptées à l’âge, en considérant les besoins d’un jeune esprit. Par exemple, les jeunes enfants ont besoin d’explications courtes qui répondent simplement aux questions posées – rien de plus, rien de moins. S’ils veulent savoir d’où viennent les bébés, nul besoin d’un cours magistral. Expliquez-leur simplement comment les bébés sont faits : un ovule et un spermatozoïde s’unissent, puis le bébé grandit dans l’utérus d’une personne jusqu’à ce qu’il soit prêt à sortir. Même par nos réponses simples, nous pouvons élargir les horizons de la sexualité, faire preuve d’inclusion et dépasser les normes culturelles limitées et les biais. Nous pouvons discuter de la composition diversifiée des familles. Nous pouvons parler de l’amour d’une manière expansive. Nous pouvons parler du genre de manière inclusive et ouverte. Nous pouvons répondre aux questions à mesure qu’elles se présentent, en employant un langage simple et adéquat – par exemple, en utilisant les mots « vulve » et « pénis ». Nous pouvons favoriser l’autonomie corporelle en respectant les limites de nos enfants, en demandant leur permission avant de les toucher (s’il n’y a pas de danger imminent pour leur santé ou leur sécurité, bien sûr), en cessant de les chatouiller lorsqu’ils disent non et en les soutenant dans certaines situations (comme lorsqu’un membre de la famille veut un câlin mais qu’ils n’en ont pas envie). Par ces gestes, nous montrons dès un jeune âge à nos enfants qu’il n’y a rien à cacher (même pour nommer les parties du corps) et que nous défendons fermement leur agentivité et leur autonomie corporelle.  

Et le plaisir? 

Lorsque les enfants grandissent et que leurs questions deviennent plus sophistiquées, nous pouvons commencer à introduire la notion de plaisir et à en parler simplement et ouvertement. Une approche équilibrée pour parler de santé sexuelle avec nos enfants nécessite d’inclure les aspects positifs de la sexualité, comme le plaisir que nous pouvons en retirer. Cela peut influencer fortement nos enfants : bien au-delà de nos enseignements, cela peut établir la base qui les aidera pour le reste de leur vie à avoir des relations agréables et authentiques. 

En incluant des discussions sur le plaisir, l’intimité et d’autres facettes positives de la sexualité, nos conversations peuvent aussi jouer un grand rôle pour prévenir la violence sexuelle et le harcèlement – deux réalités qui affectent de manière disproportionnée les filles, les femmes, les personnes trans et les jeunes qui ne cadrent pas dans le modèle binaire du genre. 

Une journaliste de renom, Peggy Orenstein, a réalisé des entrevues détaillées avec plus de 70 jeunes femmes de 15 à 25 ans et avec des spécialistes de nombreux domaines pertinents, pour écrire son livre intitulé Girls and Sex [LINK?]. Ce bouquin examine l’influence profonde de la pornographie et des médias sociaux sur la sexualité des jeunes. Mme Orenstein a observé que les jeunes reconnaissent rarement l’importance et la valeur de la sexualité et du plaisir de la femme, et que ceci contribue à alimenter une épidémie de violence sexuelle. 

Nos échanges sur le plaisir et l’intimité, avec nos enfants qui grandissent, peuvent les aider à prendre conscience de ce qu’ils et elles désirent, et ont le droit de vivre – et leur permettre d’entrevoir ce que la sexualité devrait pouvoir être. Nous pouvons ouvrir des portes importantes, créer des liens enrichissants par nos réponses au sujet de la sexualité, en mentionnant que « c’est une activité par laquelle deux personnes peuvent se donner du plaisir et se sentir proches l’une de l’autre ». 

Ceci vous cause de la nervosité? L’éducation sexuelle que nous avons reçue (dans une approche négative à l’égard du sexe) peut nous rendre prudes, nous faire hésiter à mentionner le plaisir sexuel en parlant avec nos enfants. Certains parents doivent d’abord vaincre leurs traumatismes sexuels ou des abus subis dans le passé, afin de pouvoir parler de sexualité dans une autre perspective que la peur. Élever des enfants qui auront une attitude positive à l’égard du sexe nécessite un certain « travail » des parents. Voici quelques suggestions pour aller de l’avant : lire sur la parentalité positive à l’égard du sexe; trouver des ressources dans la communauté pour apprendre à avoir ces conversations; s’exercer avec des proches en qui nous avons confiance; se préparer à ces conversations en les répétant devant un miroir; suivre une thérapie; ou utiliser des bouquins pour amorcer certaines conversations. L’habitude se développera au fil du temps, et ces conversations avec nos enfants deviennent plus faciles! 

Définitions importantes 

Pour parler genre et sexualité avec nos enfants, nous devons examiner certaines définitions élémentaires.  

Sexe assigné 

Le sexe assigné, traditionnellement, est la classification d’une personne dans l’une de deux catégories : homme ou femme. À la naissance d’un bébé, on lui attribue un sexe, habituellement d’après l’apparence de son anatomie externe; cette information est inscrite sur son acte de naissance. Mais le sexe d’une personne est en fait une combinaison de caractéristiques corporelles : chromosomes, hormones, organes reproducteurs internes et externes ainsi que de caractéristiques sexuelles secondaires.  

  • Une personne qui a des chromosomes XX a généralement des organes génitaux et des traits sexuels que l’on considère comme féminins. 
  • Une personne qui a des chromosomes XY a généralement des organes génitaux et des traits sexuels que l’on considère comme masculins. 
  • Les personnes qui ont une autre combinaison de chromosomes (p. ex., XXY, XYY, XXXY, X0, etc.), ou un profil hormonal ou des organes génitaux qui ne correspondent pas aux constructions médicales et sociales binaires des catégories « homme » et « femme », sont intersexuées (ou « intersexes »). Il existe des centaines de variations d’intersexualité.  

On estime qu’entre 1,7 % et 4 % des bébés naissent intersexué-es. Les droits des personnes intersexuées sont de plus en plus reconnus; il existe aujourd’hui un fort mouvement d’opposition aux chirurgies non consensuelles pratiquées sur les nouveau-nés intersexué-es. La réalité de l’intersexualité met en évidence le problème de la conceptualisation du sexe comme s’il était nécessairement binaire (comportant seulement deux possibilités). Une conception binaire stricte alimente également des idées rigides au sujet de l’identité de genre et de l’expression de genre (p. ex., l’idée que si la nature a créé uniquement deux sexes, cela signifie qu’il ne peut exister que deux identités de genre). La réalité des sexes est beaucoup plus large que deux catégories strictes. Par ailleurs, dans les faits, le sexe d’une personne n’est pas intrinsèquement relié à l’identité de genre. 

Identité de genre 

Notre identité de genre, c’est le sentiment intérieur et profondément intime de notre propre genre. La plupart des gens ont une identité d’« homme » ou de « femme » (ou garçon ou fille), mais l’identité de genre de certaines personnes ne cadre pas nettement dans l’une ou l’autre de ces catégories, ou encore se situe carrément à l’extérieur de cette classification. Ces personnes peuvent s’identifier comme genderqueer, fluides ou non binaires quant au genre – ou utiliser d’autres termes de leur choix. Les impressions ou sentiments intimes d’une personne, quant à son identité de genre, débutent dès l’âge de deux ou trois ans. 

Cisgenre : On dit qu’une personne est cisgenre si le sexe qui lui a été assigné correspond bel et bien à son identité de genre (cis- est un préfixe latin qui signifie « du même côté »).  

Trans : Des personnes dont le sexe assigné ne correspond pas à l’identité de genre – par exemple, à qui l’on a assigné le sexe masculin alors que leur identité de genre est féminine – peuvent s’identifier comme étant transgenres (ou trans). Dans l’exemple qui précède, la personne serait une femme trans (plutôt qu’une femme cisgenre), car elle s’identifie comme étant femme alors qu’on l’a désignée comme un homme à sa naissance. « Trans » est une expression générale, car elle englobe les nombreuses variations d’identité de genre qui ne sont pas cisgenres. Plusieurs personnes transgenres décident de suivre un traitement hormonal afin que leur corps corresponde à leur identité de genre. Certaines ont également recours à la chirurgie. Mais les personnes transgenres ne peuvent pas toutes ou ne souhaitent pas toutes recourir à ces mesures. De toute façon, une identité transgenre ne dépend pas de l’apparence physique ou d’interventions médicales. 

Il est important de noter que toute personne a une identité de genre (et pas seulement les personnes trans). Les personnes cisgenres y pensent moins, et ne remarquent pas le moment où elles déterminent leur identité de genre, puisque notre environnement présente généralement l’identité cisgenre comme une caractéristique « inévitable » et « simplement normale ». Contrairement à l’expression de genre, l’identité de genre n’est pas visible aux autres personnes. 

Expression de genre 

Notre expression de genre est la manifestation externe de notre genre. Elle peut être véhiculée par notre prénom, les pronoms que nous utilisons pour parler de nous, les vêtements que nous choisissons de porter, notre coupe de cheveux, notre comportement, le ton de notre voix et/ou nos caractéristiques corporelles. La société classe ces divers indices dans les catégories « masculin » ou « féminin », mais ce que l’on considère comme masculin ou féminin varie d’une culture à une autre, et change avec le temps. 

Lorsque l’expression de genre d’une personne ne correspond pas aux attentes conventionnelles concernant la masculinité et la féminité, on dit qu’elle est de genre non conforme. Des personnes cis tout autant que des personnes trans peuvent avoir une expression de genre qui n’est pas tout à fait conventionnelle; de plus, des hommes et des femmes trans tout autant que cis peuvent avoir une expression de genre qui est conventionnellement masculine ou féminine. 

Créatif-ve et indépendant-e en matière de genre 

Ces termes sont souvent utilisés pour décrire des enfants qui ne correspondent pas aux constructions binaires du genre. En grandissant, les enfants créatifs ou indépendants en matière de genre peuvent s’identifier comme transgenres ou non. 

Normativité du genre et normes de genre 

La normativité du genre fait référence aux scripts sociaux qui construisent le binaire des genres femme/homme comme une chose « normale », et aux éléments qui font en sorte que tout ce qui ne cadre pas dans ce binaire est vu comme anormal, contre nature et déviant. Les normes de genre sont des règles, des scripts et des rôles généralement tacites, prescrits par des conceptions binaires de la masculinité et de la féminité; elles sont socialement construites et renforcées par la culture dominante. 

Nous renforçons constamment ces normes et ces règles, que ce soit de manière consciente ou non. Par exemple, plusieurs d’entre nous réagissent fortement ou négativement à la vue d’un homme qui porte une robe ou qui pleure, ou d’une femme qui s’affirme comme leader ou qui est en colère et s’exprime de façon affirmative. Nous récompensons un comportement typique, soit par notre absence de réaction, soit par nos encouragements subtils ou évidents. Nous punissons par ailleurs les personnes qui ne se plient pas aux normes de genre : nous exprimons une réaction d’étonnement, nous les questionnons ou les remettons en question, et exprimons parfois une réaction de dégoût, de fascination, voire d’agressivité. 

Sexisme traditionnel et dichotomique 

Le sexisme, c’est à la fois une discrimination fondée sur le genre, de même que les attitudes, stéréotypes et éléments culturels qui favorisent cette discrimination. Le sexisme « dichotomique » fait référence à l’idée selon laquelle les catégories « masculine » et « féminine » sont deux pôles complètement distincts et opposés (donc, une dichotomie); le sexisme traditionnel découle de l’idée voulant que le sexe masculin soit supérieur au sexe féminin. Le sexisme affecte des personnes de tous les genres en limitant l’authenticité de leur expression de genre et en les exposant à la discrimination fondée sur le genre. 

Orientation sexuelle 

Notre orientation sexuelle, c’est l’attirance physique, romantique et/ou émotionnelle que l’on ressent envers un genre ou plusieurs. L’identité de genre et l’orientation sexuelle sont des caractéristiques différentes. 

En général, et particulièrement lorsque s’élargit notre prise de conscience de la diversité des orientations sexuelles, une personne connaît son orientation sexuelle dès un jeune âge, même si cela n’est pas immédiatement connecté à des pensées touchant des activités sexuelles. 

C’est plus facile que vous ne l’imaginez – Douze étapes faciles pour devenir un parent positif à l’égard du sexe! 

C’est vrai qu’il n’y a pas réellement de recette, et ça n’est certainement pas toujours « facile », mais il existe des principes utiles auxquels réfléchir et s’habituer, et à intégrer dans le quotidien de notre vie familiale. Les voici :  

  1. Sondez vos valeurs et prenez conscience des sources de vos croyances et attitudes au sujet du sexe, du genre, de l’anatomie et des relations. Si vous omettez cette étape, vous risquez de ne pas voir les raisons pour lesquelles vous vous sentez mal à l’aise, ou écartez des choses avec un certain dédain, dans des conversations importantes; et il se peut que vous parliez de certains sujets dans une perspective étroite ou en portant des jugements. Si nous prenons le temps de faire preuve de curiosité à propos de nos présupposés, nous favorisons le développement d’un contexte approprié pour informer nos enfants et les soutenir avec ouverture d’esprit. Cliquez ici pour des conseils et des questions qui pourront vous offrir un bon point de départ.  
  2. Oubliez l’idée de « La Conversation ». Parler à nos enfants de ce qui concerne le genre, le sexe, la reproduction et la sexualité ne devrait pas être une chose qui a lieu une fois pour toutes, au moment prévu. Faites-en plutôt une discussion continue et tenez ouverte cette ligne de communication. Parler avec nos enfants de la sexualité, de la santé, du genre, de l’identité, des relations et du consentement, c’est une démarche de toute une vie dans laquelle nous répondons à des questions au fur et à mesure, les aidons à comprendre leurs expériences, et échafaudons l’information au fur et à mesure de leur mûrissement. Ce sont des occasions importantes d’affirmer nos valeurs et d’aider nos enfants à acquérir des compétences pour être en santé, s’épanouir et entretenir de saines relations. 
  3. Tentez de répondre aux questions avec simplicité et honnêteté. L’honnêteté est la meilleure approche, lorsqu’il s’agit de parentalité positive à l’égard du sexe. Lorsque nous parlons à nos enfants de leur anatomie, de leur genre ou de leur sexe, l’honnêteté est essentielle. C’est un domaine où nous avons intérêt à éviter la confusion, et devrions indiquer qu’il est normal d’avoir ces conversations. Comme il s’agit d’information importante sur la santé, nos réponses devraient être directes et formulées en langage simple et concret. Ceci inclut d’enseigner les noms adéquats des parties du corps, y compris les organes génitaux. Ceci inclut de répondre aux questions sur de nombreux sujets – comme la masturbation, comment on fait les bébés, ou l’érection – sans passer par des métaphores et des mots adoucis, sans miser sur des légendes urbaines ou des avertissements fondés sur la peur et qui évitent les vraies questions. Aidez votre enfant à trouver l’information qui lui permettra de faire ses propres choix. Lorsque c’est difficile, cherchez l’information dans des livres ou sur Internet, ou tournez-vous vers des personnes capables de nous aider à trouver les bons mots. 
  4. Faites preuve de pleine conscience dans vos réactions. Les mots que nous utilisons ne sont qu’un aspect de notre communication. Les personnes avec qui nous communiquons sont beaucoup plus sensibles que nous le croyons à d’autres éléments, comme notre langage corporel, notre ton et nos inflexions, qui révèlent ce que nous disons « vraiment ». Même si le contenu de nos réponses ne renferme rien de déshonorant, notre façon de répondre aux questions de nos enfants concernant le sexe peut véhiculer de la peur, ou leur donner l’impression qu’ils et elles devraient avoir honte de parler de tel ou tel sujet avec nous. Lorsque nous répondons à leurs questions avec naturel et sans détour, nous leur communiquons une information inestimable. 
  5. Adoptez et favorisez la positivité à l’égard du corps – pas seulement en parlant à vos enfants, mais pour vous aussi. Nos enfants voient et entendent notre façon de traiter notre corps, et en intègrent d’importantes informations. Notre façon de considérer notre corps et de le traiter influencera la leur. Nous pouvons facilement échapper des remarques trop sévères à propos de notre corps et des commentaires peu flatteurs à notre sujet. D’ailleurs, dans la même veine, faisons attention à ne pas critiquer le corps de notre enfant. Tentons plutôt de parler de nous comme nous aimerions entendre nos enfants parler d’eux. Si nous sommes des modèles d’acceptation de soi (même si nous devons d’abord faire semblant quelque peu, jusqu’à y parvenir) et donnons des exemples d’amour et de respect envers notre corps et ce qu’il fait, nos enfants sauront ce à quoi ils et elles peuvent s’attendre, également, et en toute légitimité. 
  6. Respectez leur vie privée. Une attitude positive à l’égard du sexe, c’est d’abord une question de respect – respect des droits des autres, y compris à l’information, à la vie privée, à la possibilité de faire des choix sensés, à l’agentivité et à l’autonomie). En tant que parents, nous devrions être vraiment respectueux à l’égard de nos enfants (pas seulement lorsqu’ils ou elles nous posent des questions sur le sexe, bien sûr!) afin de leur faire sentir de quoi il s’agit, et de leur montrer qu’ils et elles peuvent s’attendre à notre respect à leur égard et à l’égard de leurs questions. Il ne s’agit pas d’oublier notre responsabilité de protéger la santé et la sécurité de nos enfants, mais il existe de nombreuses occasions où nous pouvons tout de même respecter leur intimité – en particulier en ce qui concerne leur corps (« Oh, tu veux garder ta chambre fermée, aujourd’hui? Pas de problème, la prochaine fois je frapperai à la porte si je veux te parler ») ainsi qu’en ce qui concerne leurs pensées intimes et leurs sentiments. Les enfants sont des personnes à part entière, et pas simplement des adultes en devenir. Ce qui nous déplaît et nous donne une impression d’être scrutés ou soupçonnés leur donne probablement le même sentiment. Nous pouvons démontrer à nos enfants qu’ils et elles ont le droit d’être traité-es avec respect et d’établir leurs propres limites quant à la révélation de leur intimité à d’autres personnes, y compris avec leurs parents. 
  7. Favorisez l’intelligence émotionnelle en devenant des entraîneur(-euse)s en la matière. Enseigner à nos enfants à comprendre et maîtriser leurs émotions, c’est leur permettre de développer un talent qui sera utile toute la vie. Cette importance compétence de vie est associée à une meilleure confiance en soi, à de meilleurs états de santé mentale et physique, de même qu’à des relations sociales plus saines. Si nous souhaitons que nos enfants sachent comment développer et maintenir des relations saines, nous devons leur fournir les habiletés que cela requiert. Ceci signifie d’avoir conscience des émotions et sentiments de nos enfants; d’y voir des occasions de connexion et d’enseignement même lorsqu’il s’agit d’éléments qui nous déplaisent; d’écouter nos enfants avec empathie, de valider ce qu’ils et elles ressentent, de les aider à les nommer et à découvrir des manières appropriées de résoudre des problèmes et de faire face aux situations déplaisantes. Nos enfants et adolescent-es VEULENT que nous leur parlions de relations saines – et une partie de cet apprentissage repose sur le développement de l’intelligence émotionnelle des enfants de tous les genres. 
  8. Le genre autant que le consentement : commencez à en parler tôt et prenez ardemment la défense des enfants, dès le berceau et pour toute la vie. Il n’est jamais trop tôt pour inculquer à nos enfants les notions liées au consentement. Nous pouvons le faire de façon simple et sensée, et dès leur très bas âge, par exemple en leur expliquant pourquoi nous touchons leur corps (p. ex., pour assurer leur sécurité et leur santé : « Je glisse ce thermomètre dans ton anus, maintenant, parce que c’est important que je sache si tu as de la fièvre, pour m’occuper de ta santé et pour te donner un médicament si tu en as besoin ») – et également en leur demandant s’ils ou elles veulent un câlin (ou un bisou) avant de le leur donner. Alors que notre enfant prend conscience de ce qu’est le consentement, il est utile que nous, ses parents, examinions comment nous allons parfois à contresens de cette notion. Par exemple, lorsque nous n’arrêtons pas de le ou la chatouiller, malgré ses demandes de cesser cela; ou si nous lui imposons un câlin ou un baiser alors qu’elle ou il est en colère contre nous, et si nous ignorons sa tentative de nous repousser; ou lorsque nous lui imposons de s’assoir contre sa volonté sur les jambes d’une personne de la famille. Par de telles actions, nous portons atteinte au sens du consentement, chez nos enfants, en leur enseignant que leur consentement n’importe que dans certaines circonstances. En plus de prendre conscience de nos propres habitudes, nous devons prendre le parti de l’enfant et l’appuyer lorsque nous le voyons mettre en pratique nos enseignements – par exemple dans son refus de donner un bisou à grand-maman. Car si nous priorisons les normes sociales et les sentiments d’autres personnes, plutôt que la décision de notre enfant, à savoir qui peut lui toucher et à quel moment, quels messages lui lançons-nous? Nous pouvons expliquer affectueusement aux membres de la famille élargie et aux personnes aimées que notre enfant n’a pas envie de recevoir un câlin en ce moment, qu’un frappement main contre main pourrait possiblement convenir. Enseigner le consentement, c’est aussi inculquer des compétences de communication et faire comprendre les nombreuses façons par lesquelles les gens peuvent indiquer un « oui » ou un « non » (et, soulignons-le, un refus n’est pas toujours exprimé par le mot « NON »); c’est aussi enseigner comment évaluer et respecter l’autonomie corporelle d’une personne et ses limites physiques; c’est aussi enseigner à réagir au rejet, etc. Si nous voulons créer un monde plus sûr pour tous les enfants, où la culture du viol sera chose du passé, nous avons sans contredit un rôle à jouer en tant qu’adultes dignes de confiance. Il en va de même pour ce qui concerne le genre et la sexualité. Un enfant ressent son genre dès l’âge de deux ou trois ans; dès le jeune âge également, se développe un sentiment entourant quelles personnes lui semblent attirantes. Nous devons aider notre enfant à comprendre ses propres expériences de vie, et pour cela lui enseigner des mots qui lui permettront de le faire – de manière appropriée pour son âge! Si notre enfant souhaite exprimer son genre d’une façon atypique ou exprime une attirance envers des enfants du même sexe ou genre que le sien, notre travail de parent est de prendre son parti et de créer un milieu où il, elle, peut être lui-même, elle-même, et se voir accepté-e et célébré-e pour ce qu’il ou elle est. Cela nécessite également que nous élargissions ce milieu de soutien en collaborant avec d’autres adultes qui prennent soin de notre enfant, comme les intervenant-es en service de garde, les enseignant-es et les professionnel-les de la santé. 
  9. Résistez aux normes de genre et aux stéréotypes. Depuis la naissance, nos enfants subissent l’influence d’une panoplie de normes concernant le genre ainsi que de messages (parfois subtils, parfois peu subtils) à ce sujet. Dès leur première année de vie, les bébés peuvent déceler des différences dans la présentation du genre; et presque aussitôt qu’ils ou elles peuvent catégoriser les genres, des stéréotypes à cet égard commencent à se former. Autour de l’âge de trois ou quatre ans, l’enfant commence à ressentir intimement ce qu’est le genre et à faire l’essai de sa compréhension en la matière, souvent en adoptant (et parfois en rejetant) des comportements stéréotypés quant à ce qui est associé de manière normative à la masculinité et à la féminité. C’est un phénomène normal, mais il est sain et important d’avoir conscience des façons par lesquelles nous renforçons peut-être ces stéréotypes (p. ex., un surplus d’éloges à notre fille lorsqu’elle porte une robe, ou une démonstration de malaise si nous voyons notre fils jouer avec une poupée ou porter du vernis à ongles). Puisqu’en bas âge les enfants reçoivent tant de messages (et d’idées rigides) au sujet du genre, nous pouvons nous servir de ces messages pour susciter la réflexion, la pensée critique. Par exemple, des éléments présentés dans des livres ou par les médias peuvent servir d’excellents points de départ à une conversation sur les normes de genre, ou pour encourager l’amitié fille-garçon, élargir le bassin d’activités à la portée de tous les enfants, remettre en question et dénoncer explicitement les généralisations (p. ex., lorsque nous entendons « le rose, c’est pour les filles », nous pouvons rappeler à notre enfant que toutes les couleurs sont pour tout le monde et qu’il n’y a pas de règles sur la façon d’être un garçon ou une fille), et afin d’aider notre enfant à développer les compétences pour se libérer des stéréotypes (p. ex., « Papa a envie lui aussi de pleurer, parfois; veux-tu que je te donne un câlin? », ou « Maman doit réparer la machine à laver; peux-tu m’aider svp à apporter ces outils? »). 
  10. Mettez une abondance de ressources à leur disposition… et à la vôtre également. Il existe de merveilleux livres qui peuvent faire partie de ce qu’on lit à l’heure du coucher, ou que nous pourrions stratégiquement « laisser traîner » dans la maison. Les enfants ont de la curiosité et, si nous mettons des ressources à leur disposition, ils ou elles peuvent s’intéresser vivement à des sujets comme la puberté, la façon dont nous faisons des bébés, ou les variations qui peuvent exister entre les familles. Certains bouquins peuvent être le tremplin d’excellentes conversations, d’autres peuvent être feuilletés dans l’intimité. Vous pouvez trouver de formidables ressources en ligne pour les pré-adolescent-es et adolescent-es. Vous et vos enfants plus matures pouvez les examiner pour trouver des informations de santé sexuelle qui sont inclusives et affirmatives quant au genre, et exactes du point de vue médical. En même temps, faites-vous aussi la faveur de trouver des ressources utiles en matière d’information sexuelle inclusive. Être des parents positifs à l’égard de la sexualité peut nous prendre au dépourvu, par sa part d’imprévus! D’ailleurs, si nous n’avons pas réponse immédiate à une question, c’est un bon exemple à donner que de l’avouer et de ne pas lancer immédiatement une réponse, mais plutôt d’attendre pour y revenir après avoir fait des recherches. Cela montre aux enfants que nous apprenons des choses tout au long de notre vie; cela leur indique aussi à quel point nous avons à cœur leurs questions. Parfois, garder la communication ouverte à propos de la sexualité signifie que nous sommes en terrain inconnu et possiblement apeurant. C’est bien que nous prenions le temps de chercher de l’information, de nous éduquer, de dénicher les ressources appropriées, de discuter avec des ami-es ou de demander conseil à des spécialistes du domaine de l’éducation sexuelle (que nous pouvons trouver en ligne ou dans la communauté). C’est une très belle aventure également pour nous, parents, puisque nous participons ainsi à l’apprentissage de notre enfant et enrichissons du même coup notre propre vie. 
  11. Faites valoir, dans votre communauté, l’importance d’écoles inclusives, d’une éducation sexuelle complète et de services de santé adaptés aux jeunes. En dépit de sommes impressionnantes d’études qui démontrent les bienfaits que procure aux jeunes l’accès à une éducation sexuelle complète, il s’agit encore d’un enjeu délicat, au Canada. C’est un sujet chaud parce que les médias et certaines forces politiques présentent l’éducation sexuelle comme une matière à controverse et comme si c’était une question d’opinion, d’affinités politiques, plutôt qu’un élément essentiel. Or les sondages et les études nous indiquent que la plupart des parents et des jeunes souhaitent que l’éducation sexuelle soit donnée dans les écoles et nous révèlent également qu’une éducation sexuelle complète, de qualité et scientifiquement exacte contribue à la santé générale et au bien-être des élèves, dès maintenant et dans le futur. Malheureusement, un survol des programmes scolaires en matière d’éducation sexuelle, dans les provinces et territoires du Canada, indique que la qualité d’information enseignée aux élèves est inégale et, dans certaines régions du pays, extrêmement désuète. L’analyse indique également que ces programmes pédagogiques, dans le meilleur des cas, se limitent à effleurer la surface de ce qui est prévu dans les normes et principes directeurs nationaux et internationaux – et, dans les pires cas, y portent atteinte ou accusent un lourd retard. À l’heure actuelle, le Canada n’a ni stratégie ni mécanisme d’imputabilité, à l’échelle nationale, pour assurer que le contenu du programme d’éducation à la sexualité, sa prestation, et la formation du personnel enseignant soient à la hauteur des pratiques exemplaires et normes internationales, et respectent les Lignes directrices canadiennes pour l’éducation en matière de santé sexuelle 
  12. Et le plus important : soyez les parents de l’enfant qui est le vôtre! Ceci signifie faire une pause, se pencher sur les capacités particulières de votre enfant, et sur ses besoins et objectifs, de manière à pouvoir vous adapter à ses manières d’apprendre, à ses intérêts et à ses grandes étapes de développement. Plusieurs d’entre nous avons longuement rêvassé à ce que seraient nos enfants, lorsque nous avons commencé à penser à devenir des parents, ou pendant notre grossesse ou peu après. Lorsque l’enfant arrive, nous commençons à faire sa connaissance et cela signifie parfois de renoncer à l’idée que nous avions développée et à certaines de nos attentes. Comme parents, notre mission principale est de favoriser la croissance de nos enfants et de les aider à s’épanouir dans ce qu’ils et elles sont vraiment. Les enfants (comme toute personne) s’épanouissent lorsqu’ils et elles sentent qu’on les comprend, qu’on les écoute et qu’on les respecte. Certains de nos enfants seront d’un genre ou d’une orientation sexuelle qui ne correspond pas à ce qu’on croyait, ou exprimeront leur genre et leur individualité de manières qui nous étonneront. Comme parents, nous pouvons avoir l’impression que la tentative d’« atténuer » son être authentique ou de décourager l’expression en public de choses que nous trouvons risquées (p. ex., notre garçonnet qui veut porter une robe pour aller à l’école, ou notre fillette qui veut couper ses cheveux très courts, ou l’identification de l’enfant comme étant non binaire sur le plan du genre, etc.) protégerait notre enfant, dans un monde qui n’est pas toujours gentil et amical. Mais si nous faisons cela, nous devenons les premières personnes à lui imposer de l’intimidation – et sa maison devient alors le premier lieu où il lui faut cacher ce qu’il ou elle est vraiment. C’est vrai, le monde qui nous entoure n’est pas toujours accueillant et convivial; mais une très forte majorité des études sur le sujet ont démontré qu’une famille compréhensive, solidaire et unie constitue le plus grand facteur de protection, pour les enfants LGBTQ2+ (lesbiennes, gais, bisexuel-les, trans, queer, bispirituel-les et plus), et ceci est une vérité fondamentale pour tout enfant. Chers parents, pour que votre enfant s’épanouisse et brille, soyez ses plus fidèles cheerleaders, admirateur(-trice)s, défenseur(-euse)s et protecteur(-trice)s! De plus, trouvez vos pair-es et des allié-es : cherchez des ressources et des groupes dans votre communauté, pour vous soutenir dans votre rôle de parent! 

Ressources 

Abigail Curlew, Ten Ways Parents Can Be Supportive of Their Transgender Child in a Transphobic World 

https://medium.com/@abigail.curlew/ten-ways-parents-can-be-supportive-of-their-transgender-child-in-a-transphobic-world-92276db2bc3e?fbclid=IwAR31hiZ2zDDtEPiK-esV82UdCAG3WuaXT9-TGHoxcyWd4nIMthz6vL6Zb2k 

Action Canada pour la santé et les droits sexuels, Au-delà de l’essentiel : une ressource for educators on sexuality and sexual health https://www.actioncanadashr.org/fr/au-dela-de-lessentiel/ 

AMAZE – Age Appropriate Info on Puberty for Tweens and Their Parents https://amaze.org/ 

SHORE Centre –The Answer Box https://www.shorecentre.ca/teachers/ 

The Centre for Sexuality https://www.centreforsexuality.ca/ 

Options for Sexual Health: Sexual and reproductive health and care and education https://www.optionsforsexualhealth.org/ 

Airial Clark, The Sex-Positive Parent http://thesexpositiveparent.com/ 

Visible Child https://visiblechild.wordpress.com/ 

EGALE Canada Human Rights Trust https://egale.ca/ 

Cory Silverberg https://www.corysilverberg.com 

Everyday Girl Dad https://everdaygirldad.myshopify.com/ 

Dr. Nadine Thornhill, Ed.D http://www.nadinethornhill.com/ 

BK Chan, Educator on Emotional Intelligence, Diversity and Sexuality http://www.fluidexchange.org/ 

A Mighty Girl, The World’s Largest Collection of Books and Movies for Smart, Confident and Courageous Girls https://www.amightygirl.com 

Kind Space, A Space for LGBTTQ+ Communities in Ottawa, http://kindspace.ca/ 

Sexual Health Lunenburg County’s Sextionary: http://www.sexualhealthlunenburg.com/resources/sextionary-2/ 

SERC, For Parents and Caregivers – Sexual Development: http://serc.mb.ca/sexual-health-info/for-parents-caregivers/child-sexual-development/ 

Vidéo – “Winnipeg Talks: Talking to your kids about sex and sexuality mini workshop, SERC” https://www.youtube.com/watch?v=r4lLCZIZVGs&feature=youtu.be 

Saskatchewan Prevention Initiative, It’s Easier Than You Think: Tips for talking with your kids about sexual health 

Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=2yPLRlTFwmk  

Livret : https://skprevention.ca/resource-catalogue/sexual-health/its-easier-than-you-think-parent-tips/   

Saskatchewan Prevention Institute, Messages pour les parents 

Birth to Two Years: https://skprevention.ca/resource-catalogue/sexual-health/messages-for-parents-birth-to-two-years/ 

Two to Five Years: https://skprevention.ca/resource-catalogue/sexual-health/messages-for-parents-two-to-five-years/ 

Five Years to Eight Years: https://skprevention.ca/resource-catalogue/sexual-health/messages-for-parents-five-to-eight-years/ 

Nine to Twelve Years: https://skprevention.ca/resource-catalogue/sexual-health/messages-for-parents-nine-to-twelve-years/ 

Thirteen to Sixteen Years: https://skprevention.ca/resource-catalogue/sexual-health/messages-for-parents-thirteen-to-sixteen-years/  

Saskatchewan Prevention Institute, Building Healthy Relationships: Yes, that includes dating relationships! (Livret) 

https://skprevention.ca/resource-catalogue/sexual-health/building-healthy-relationships-yes-that-includes-dating-relationships/ 

Saskatchewan Prevention Institute, Tips for Talking With Your Child How to Build Healthy Relationships (Livret) 

https://skprevention.ca/resource-catalogue/sexual-health/tips-for-talking-with-your-child-how-to-build-healthy-relationships-including-dating-relationships/ 

Saskatchewan Prevention Institute, Tips for Talking With Your Students How to Build Healthy Relationships (Feuillet d’information) 

https://skprevention.ca/resource-catalogue/pregnancy/tips-for-talking-with-your-students-how-to-build-healthy-relationships-including-dating-relationships/