Être papa : défier les stéréotypes et la parentalité positive face à la sexualité

Le jour où je suis devenu père, j’ai réalisé que je ne savais pas vraiment ce que ce rôle signifiait. Avant de prendre ce minuscule être humain dans mes bras pour la première fois, et de ressentir la responsabilité de l’élever en lui transmettant des valeurs morales et de l’information pour l’aider à s’épanouir, je n’aurais jamais pu saisir toutes les émotions liées au rôle de « papa ».

C’est bien plus que de changer des couches, de rester éveillé jusqu’à trois heures du matin parce que notre enfant a mal au ventre, ou de devenir entraîneur de l’équipe de soccer et d’assigner des tâches de collations à d’autres parents. Mais ces aspects de la paternité sont ceux que j’avais le plus souvent observés pendant mon enfance. J’ai donc appliqué les messages reçus de mon milieu sur ce que signifie être papa (dans mon cas, de deux filles).

Les pères sont souvent représentés comme étant amicaux avec leurs garçons et protecteurs de leurs filles. Ceci est véhiculé par des images de pères ayant à l’œil les accompagnateurs de leurs filles au bal, ou portant des t-shirts des « Règles à respecter si tu sors avec ma fille ». Les pères sont également perçus comme étant peu impliqués dans les tâches domestiques, les soins des enfants – bref, tout ce qui peut détourner leur attention d’une partie de football ou de hockey.

Outre ces images, le fait de dépasser ces stéréotypes en tant que père nous attire des éloges au-delà de ce à quoi l’on s’attendrait. Les pères ne doivent pas s’attacher à une telle mentalité – aux stéréotypes proprement dits, mais également à l’idée préconçue selon laquelle un papa est un superhéros parce qu’il fait des tresses à sa fille ou est capable de parler de menstruations.

S’ils ne sont pas remis en question, les points de vue traditionnels sur la masculinité et leurs liens avec la paternité peuvent conduire au refoulement d’émotions difficiles. Par conséquent, c’est mon approche comme parent qui bénéficie le plus de ma remise en question de ma notion d’être un homme.

J’ai dû porter attention à divers comportements acquis, en tentant d’inculquer une conscience sociale à mes enfants. Reconnaître que j’ai beaucoup à apprendre et à désapprendre, comme père et comme partenaire, est crucial pour élargir mes perspectives parentales; j’essaie d’intégrer cette pratique dans mes interactions avec mes enfants.

C’est là qu’une approche parentale positive à la sexualité entre en jeu, pour ma partenaire et moi.

Nous sommes les premiers répondants aux questions de nos enfants. Elles se tournent vers nous jour après jour pour des explications sur les changements qu’elles observent dans leur corps et leur esprit. Nous les aidons à façonner leur identité par les réponses que nous leur donnons, voire par notre façon de leur répondre. Si nous avions l’esprit fermé quant à ce à quoi nos filles sont exposées, il est fort probable qu’elles liraient des livres où les personnages seraient principalement des enfants blancs et regarderaient des films mettant surtout en vedette des couples hétérosexuels; leurs manuels scolaires ne décriraient pas toutes les facettes de l’histoire de notre pays; et on ne parlerait nulle part de santé mentale.

Par conséquent, nous tentons d’intégrer activement ces réalités dans notre approche parentale et dans notre foyer.