Le leadership des jeunes dans la transformation de l’éducation sexuelle

En Colombie-Britannique, trop de jeunes ne reçoivent pas l’éducation sexuelle nécessaire pour prendre des décisions éclairées. Voilà le principal constat des travaux réalisés l’année dernière par l’organisme YouthCO.

L’hiver dernier, nous avons sondé plus de 600 jeunes d’écoles secondaires dans le cadre de notre examen provincial portant sur le programme d’éducation sexuelle et dirigé par des jeunes. Deux membres du personnel de YouthCO ont visité des écoles de toute la province, où ils ont fait équipe avec des associations pour la diversité sexuelle et de genre pour l’animation de discussions. Pour joindre les jeunes des écoles et des communautés que nous n’avions pas visitées, nous avons également lancé un sondage en ligne qui élargissait les questions des discussions de groupe.

Les valeurs de YouthCO nous ont guidés tout au long de ce projet. Nous considérons que l’éducation sexuelle doit être centrée sur les perspectives des jeunes, car ils et elles sont les principaux concernés.

Les jeunes avec lesquels nous avons parlé ont souligné la nécessité d’une éducation sexuelle qui affirme les corps et les identités de tous les individus (y compris les jeunes LGBTQ+/2S), qui reconnaît la diversité des formes du plaisir sexuel, et qui les dirige vers les soins dont ils ont besoin pour les ITS, le VIH et l’agression sexuelle. Telle est la vision de l’éducation sexuelle chez les jeunes. Cependant, la plupart ont dit recevoir une éducation qui est limitée aux relations sexuelles pénis-vagin – malgré le fait que les ITS se transmettent également par le sexe oral et que la plupart des cas de VIH diagnostiqués chez des jeunes de la C.-B. sont attribuables au sexe anal.

 

Des jeunes ont également signalé que certaines personnes enseignantes ne sont pas familières et à l’aise avec les différentes façons dont les jeunes expriment leur genre et leur sexualité. Ceci contribue à perpétuer le présupposé selon lequel nous sommes tous cis et hétéro. Ce présupposé se manifeste entre autres par des classes d’éducation sexuelle séparées selon le genre perçu – ce qui a pour effet de rendre invisibles ceux et celles d’entre nous qui n’adhèrent pas à cette binarité.

 

En tant que jeunes, nous avons besoin d’une éducation sexuelle affirmative de notre genre et des nombreuses façons dont nous choisissons de l’exprimer!

Prochaines étapes pour YouthCO

À l’issue de ce projet, nous avons lancé la campagne Sex Ed is Our Right en partenariat avec le Community-Based Research Centre. Cet appel à l’action pour une meilleure éducation sexuelle en C.-B. est centré sur les voix des jeunes. Nous collaborons également avec le ministère de la Santé et le ministère de l’Éducation à mieux soutenir et outiller les écoles et le personnel enseignant pour la prestation d’une éducation sexuelle exacte, pertinente, inclusive et intéressante, à travers la province.

Ce projet nous a démontré que les jeunes sont emballés et motivés à l’idée de façonner leur programme d’éducation sexuelle. Comme l’a affirmé une jeune personne de Vancouver : « Les choses évoluent constamment et les jeunes devraient être consultés à chaque étape. »