Pour démarrer la conversation, les scénarios ci-dessous démontrent ce à quoi peuvent ressembler les connexions entre la santé mentale et la santé sexuelle. Ceci n’est en aucun cas une liste complète des recoupements possibles entre la santé mentale et sexuelle; nous aimerions savoir ce que signifie cette connexion (ou ce à quoi elle ressemble) pour vous! Partagez vos expériences, vos connaissances et votre expertise sur Facebook ou Twitter, ou écrivez-nous un courriel ayant pour titre « Entre le corps et l’esprit ».

Partager une diversité de voix, d’histoires, d’exemples et de considérations, c’est aider à illustrer les connexions entre la santé mentale et sexuelle!

Avant, pendant et après la grossesse

  • La dépression et/ou l’anxiété sont courantes pendant et après la grossesse. De 10 à 15 % des personnes ayant accouché sont affectées par des troubles de l’humeur périnataux comme la dépression et/ou l’anxiété postpartum, et environ la même proportion de personnes ont des symptômes de trouble dépressif majeur en cours de grossesse.
  • Dans de rares cas, des personnes peuvent être atteintes d’une psychose postpartum – une urgence psychiatrique où des symptômes de manie, de dépression, de confusion sévère, de perte d’inhibition, de paranoïa, d’hallucinations ou de délires surviennent subitement dans les deux semaines suivant l’accouchement.
  • Essayer de concevoir, être aux prises avec l’infertilité et/ou être involontairement sans enfant, et avoir vécu la perte d’une grossesse ou d’un nourrisson sont d’importants enjeux de santé génésique qui peuvent avoir un impact considérable sur notre santé mentale et notre bien-être.
  • Certain(e)s d’entre nous peuvent être atteint(e)s de dépression et d’anxiété post-sevrage au moment de sevrer nos enfants de l’allaitement.

Cycle menstruel

  • Les fluctuations hormonales liées aux menstruations ont un impact significatif sur les personnes en âge de procréer. Le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) affecte de 3 à 8 % des personnes ayant des menstruations. Les symptômes du TDPM incluent la dépression sévère, l’anxiété et l’irritabilité extrême, qui peuvent affecter la vie quotidienne d’un individu et ses relations avec autrui.
  • Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est un ensemble de symptômes dû à un taux élevé d’androgènes chez certaines personnes ayant des organes reproducteurs féminins. Les signes et symptômes du SOPK incluent des règles irrégulières ou absentes, des règles abondantes, une pilosité corporelle et faciale excessive, l’acné, la douleur pelvienne, la difficulté à devenir enceinte, et des zones où la peau est épaisse, plus foncée et veloutée. Ce trouble hormonal courant peut se manifester par des règles irrégulières, des problèmes d’infertilité ou des signes d’excès d’androgènes comme un hirsutisme croissant, de l’acné et une calvitie masculine. Le SOPK peut également conduire à des troubles de santé mentale sévères, notamment l’anxiété, la dépression et des troubles alimentaires.
  • La fin des années de fécondité peut occasionner des défis de santé mentale, notamment la dépression en périménopause (le moment où le corps amorce sa transition vers la ménopause). Vu les changements hormonaux intenses qui s’opèrent en périménopause, les gens sont plus susceptibles d’avoir une dépression liée à la ménopause avant même d’entrer en période de ménopause.

Dépression

  • La dépression touche tous les aspects de la vie quotidienne, y compris la sexualité. Elle peut affecter le désir sexuel d’un individu, ce qui peut avoir des répercussions sur ses relations et/ou sa capacité d’intimité avec des partenaires.
  • Certains antidépresseurs peuvent également diminuer la libido, entraîner une dysfonction érectile, réduire la lubrification vaginale ou causer des difficultés à atteindre l’orgasme.

VIH, syphilis et autres infections transmissibles sexuellement

  • Certains troubles de santé mentale accroissent le risque de contracter le VIH; de la même façon, certaines personnes vivant avec le VIH peuvent être affectées par des troubles de santé mentale comme la dépression et l’anxiété, qui peuvent découler du diagnostic du VIH et de la vie avec une maladie complexe et stigmatisée.
  • Les expériences de stigmatisation et de discrimination, le dévoilement du VIH à de possibles partenaires romantiques et sexuels, le dépistage d’ITSS dans des milieux de soins de santé où la phobie du VIH est présente, et le risque de criminalisation du VIH peuvent avoir des impacts considérables sur la santé mentale et le bien-être.
  • Le VIH peut avoir des impacts psychologiques en raison de ses effets sur le système nerveux central.
  • Le lien entre le VIH et la santé mentale est particulièrement pertinent aux personnes en âge de procréer puisque des facteurs liés à la santé mentale peuvent influencer la qualité de vie avec le VIH, les résultats obstétriques et le risque de transmission périnatale du VIH (du parent à l’enfant).
  • Au cours de la dernière décennie, il y a eu une augmentation considérable du taux de syphilis, une infection transmissible sexuellement causée par une bactérie qui attaque le corps en trois stades. Dans la plupart des villes, les hommes gais et bisexuels sont les plus durement frappés; et jusqu’à la moitié des cas de syphilis touchent des hommes qui vivent avec le VIH. La syphilis est facile à dépister et à traiter si elle est détectée assez tôt. Si elle n’est pas traitée, la syphilis peut évoluer en neurosyphilis, ce qui peut conduire à de graves complications de santé, y compris (sans s’y limiter) la cécité, la confusion, des changements de personnalité soudains, des variations de la stabilité mentale, la démence, la dépression, les idées suicidaires, etc.
  • Au-delà du VIH et de la syphilis, il est important de considérer les possibles impacts mentaux et émotionnels des autres infections transmissibles sexuellement. Vu la stigmatisation associée au diagnostic d’ITS ou à la vie avec une ITS (même si elle est sans remède mais gérable, comme l’herpès), plusieurs personnes ont de la difficulté à composer (physiquement et mentalement) avec leur diagnostic et peuvent souffrir de stress sévère et de dépression.

Contraception hormonale

  • Certaines études font état d’un possible lien entre la contraception hormonale et un risque accru de dépression. Des risques plus élevés sont associés aux formes de contraception hormonale à base de progestérone seulement, y compris les DIU. Avant de choisir une méthode de contraception, il est important de tenir compte et de discuter de tous ses effets secondaires possibles (y compris sur la santé mentale).

Endométriose

L’endométriose est un trouble génésique douloureux qui affecte des millions de personnes dans le monde. Ce problème médical survient lorsque la paroi interne de l’utérus (endomètre) se développe à d’autres endroits, comme dans les trompes de Fallope, les ovaires ou la région pelvienne. Lorsque ce tissu se décompose (comme la paroi interne de l’utérus qui produit les menstruations), il n’a nulle part où aller. Cela cause des kystes, des règles abondantes, des crampes douloureuses, des douleurs pelviennes sévères et parfois même l’infertilité. La douleur, qui peut être invalidante, est due au saignement interne de la paroi qui se décompose à l’intérieur du corps – ce qui peut conduire à la formation de tissu cicatriciel, au blocage des trompes de Fallope et à des problèmes intestinaux.

  • La douleur causée par l’endométriose est souvent associée à des symptômes de dépression et d’anxiété. Une étude de 2015 a révélé que les personnes ayant des douleurs pelviennes dues à l’endométriose peuvent avoir une moins bonne qualité de vie et une plus grande vulnérabilité aux maladies mentales.
  • Même en présence d’importants symptômes, plusieurs personnes doivent patienter longtemps avant d’obtenir un diagnostic d’endométriose, ce qui peut exacerber l’impact sur la santé mentale. Ceci s’explique en partie par les biais inconscients que certains professionnel(le)s de la santé peuvent avoir quant à la douleur ressentie selon le genre et l’origine ethnique.

Douleur génitale et sexuelle

  • La vulvodynie est un syndrome de douleur chronique associé à des sensations de brûlure, de picotements ou d’irritation, ou à une douleur vulvaire aiguë; elle affecte une proportion estimée à 16 % des personnes ayant une vulve. La présentation de la douleur varie et peut être décrite comme étant spontanée (sans cause évidente), provoquée par la stimulation (p. ex., pénétration ou insertion d’un tampon), ou les deux. Les personnes atteintes de vulvodynie font état d’une moins bonne qualité de vie et d’une détresse psychologique se manifestant par l’anxiété et la dépression.
  • La vulvodynie pourrait être plus répandue chez les personnes ayant reçu un diagnostic de dépression ou de trouble de stress post-traumatique (TSPT).
  • Les autres formes de douleur génitale et sexuelle chronique incluent le vaginisme (un spasme vaginal douloureux survenant lors de la pénétration) et la dyspareunie (une douleur génitale associée aux relations sexuelles). La douleur génitale et sexuelle peut affecter considérablement la santé mentale et le bien-être de l’individu.