J’ai un fils de 12 ans qui a récemment commencé à se masturber. Nous avons une bonne relation ensemble, mais nous n’avons encore jamais discuté de sexe ou de sexualité. Je veux m’assurer qu’il sache qu’il peut toujours en parler à ses parents et je crois que le temps est venu de lui expliquer le sexe plus sécuritaire. Comment puis-je lui parler de sexe sans lui causer de gêne ou lui donner un sentiment de honte concernant son corps et le sexe?

Réponse coécrite par Ashish Darji 

La masturbation, à l’adolescence, est une exploration naturelle de notre propre sexualité. Il est fréquent que de jeunes adolescents et adolescentes commencent à explorer la masturbation vers l’âge de 12 ans, dans la société occidentale (voire avant cet âge, dans d’autres cultures). Vous semblez consciente qu’il est souhaitable que votre fils se sente suffisamment à l’aise avec vous, ses parents, pour parler d’expériences qu’il vit en rapport avec la sexualité. Une part importante du rôle de parent est d’aider à guider votre enfant, lors de sa croissance, afin qu’il puisse prendre les bonnes décisions pour lui. Une communication ouverte, claire et franche entre l’enfant et ses parents peut faciliter sa prise de saines décisions, à mesure qu’il grandit.

L’esprit d’un enfant est très perceptif et réceptif aux moindres émotions que déclenchent chez lui ses parents. Les adultes ne saisissent pas toujours à quel point ils ont de l’influence sur leurs adolescents; ils devraient mettre à profit leur pouvoir pour susciter un développement positif du jeune.[1] Des sentiments de honte et de culpabilité peuvent véritablement limiter la croissance sexuelle d’un-e adolescent-e.[2] Le logis d’un enfant devrait être un lieu où la communication est ouverte, au sujet de la sexualité. La plus importante chose que vous puissiez faire est d’aller vers votre enfant en l’abordant à son niveau et en considérant le monde de son point de vue. Faites preuve d’empathie et de compassion à cet égard.

Une communication ouverte est cruciale, pour un développement sexuel sain. Aucun sujet ne devrait être au-delà des limites, ou trop délicat, pour en discuter à la maison. En tant que parent, il est important de communiquer avec votre fils, pas seulement en faisant des promesses vides au sujet d’une communication ouverte, ou en disant par exemple « c’est correct, on peut discuter de tout, ensemble » sans suivre réellement cette approche. Il y a une grande et remarquable différence entre affirmer à votre enfant qu’il est autorisé à parler de tout, d’une part, et avoir d’autre part une communication honnête et authentique, à la fois verbale et non verbale.

Le développement sexuel d’un enfant est proportionnel à celui de ses parents.[3] C’est d’eux qu’il apprend en majorité à prendre des décisions concernant la sexualité. Il est possible que votre fils ait besoin que vous vous placiez à son niveau de communication. Servez-vous de ce que vous pouvez tirer de votre propre expérience, apprenez à être attentionnée dans vos réponses à ses questions et à soutenir sa curiosité sexuelle, afin que sa sexualité ait du sens et cadre bien dans sa vision du monde.

Découvrir notre sexualité, lorsqu’on est adolescent, peut être une démarche merveilleuse – et une communication ouverte peut faciliter cela. Comme parent, vous pouvez contribuer à réduire les risques sexuels, pour votre adolescent, en communiquant ouvertement au sujet de la sexualité.[4] Une franche communication ne fera pas qu’aider votre fils à naviguer dans la découverte de sa sexualité : cela l’aidera aussi à être plus conscient des risques qu’il peut rencontrer, comme la grossesse non planifiée et les infections transmissibles sexuellement. D’après une étude sur la surveillance parentale et la communication, un suivi constructif de la part de ses parents et une réelle communication entre eux et leurs jeunes peuvent jouer un rôle important dans la prévention des comportements à risque, au début et au milieu de l’adolescence.[5] Aux Pays-Bas, le discours sociétal et culturel à propos de la sexualité des ados est libéral et démonstratif d’un esprit ouvert. En conséquence, les jeunes de ce pays ont l’avantage d’avoir le plus faible taux de grossesse non planifiée ainsi que d’infections sexuelles.

Une communication ouverte, à propos de la sexualité, de l’anxiété sociale, de l’intimité et de la satisfaction sexuelle forme un ensemble aux liens étroits.[6] Lorsque la masturbation est considérée par l’enfant et ses parents comme étant une réponse saine au développement sexuel, l’enfant en bénéficiera à plusieurs égards. Votre fils aura moins d’anxiété sociale, une plus grande intimité et plus de satisfaction sexuelle, dans le futur, s’il est capable d’adopter et d’intégrer un dialogue honnête et authentique à propos de sa sexualité.

La masturbation des adolescents est un sujet complexe à aborder, et en tant que parent il est à approcher délicatement. Comme parent, vous devriez d’abord être conscient des éléments intrinsèques à la masturbation, et de leurs effets pour la personne, à la fois sur le plan physique et psychologique. Pour aider votre fils à élargir adéquatement sa conscientisation sexuelle, examinez votre approche parentale afin de ne pas imposer de sentiment de culpabilité ou de honte à propos de l’expression sexuelle. Une communication authentique et ouverte entre vous et votre enfant est l’élément le plus important qui aidera votre fils à trouver des réponses à toute question qu’il pourrait se poser. Vous avez avantage à l’informer, lorsqu’il cherche à apprendre.


[1] Clary, E. Gil, Rhodes, Jean E. (2006). Mobilizing Adults for Positive Youth Development: Strategies for Closing the Gap between Beliefs and Behaviors. The Search Institute.

[2] Aneja, J., Grover, S., Avasthi, A., Mahajan, S., Pokhrel, P., & Triveni, D. (2015). Can Masturbatory Guilt Lead to Severe Psychopathology: A Case Series.Indian Journal of Psychological Medicine, 37(1), 81–86. doi:10.4103/0253-7176.150848

[3] Wang, B., Stanton, B., Li, X., Cottrell, L., Deveaux, L., & Kaljee, L. (2013). The influence of parental monitoring and parent–adolescent communication on bahamian adolescent risk involvement: A three-year longitudinal examination. Social Science & Medicine, 97(Complete), 161-169. doi:10.1016/j.socscimed.2013.08.013

[4] Looze, M., Constantine, A. N., Jerman, P., Vermeulen-Smit, E., Bogt, T., Parent–Adolescent sexual communication and its association with adolescent sexual behaviors: A nationally representative analysis in the Netherlands – Routledge. doi:- 10.1080/00224499.2013.858307

[5] Wang, B., Stanton, B., Li, X., Cottrell, L., Deveaux, L., & Kaljee, L. (2013). The influence of parental monitoring and parent–adolescent communication on bahamian adolescent risk involvement: A three-year longitudinal examination. Social Science & Medicine, 97(Complete), 161-169. doi:10.1016/j.socscimed.2013.08.013

[6] Montesi, J., Conner, B., Gordon, E., Fauber, R., Kim, K., & Heimberg, R. (2013). On the relationship among social anxiety, intimacy, sexual communication, and sexual satisfaction in young couples. Archives of Sexual Behavior, 42(1), 81-91. doi:10.1007/s10508-012-9929-3