La sexualité et la santé sexuelle des jeunes

La sexualité des jeunes tourne souvent autour de ce que les adultes ne veulent pas que les jeunes fassent. Les adultes veulent protéger les jeunes contre des résultats de santé néfastes, la violence sexuelle et les relations difficiles – mais ce faisant, ils oublient que la sexualité est normale et positive et que les jeunes sont eux et elles aussi des êtres sexuels. 

La sexualité ne se résume pas à ce que nous faisons. Un développement sexuel sain à l’adolescence inclut des changements corporels, des comportements sexuels et de nouveaux besoins de soins de santé. Il englobe aussi le développement d’une maturité émotionnelle, d’habiletés relationnelles et d’une image corporelle saine.  

Être un-e adolescent-e en bonne santé sexuelle, qu’est-ce que ça signifie?  

Être une jeune personne en bonne santé sexuelle, c’est :  

  • Accepter et célébrer nos corps, notre identité de genre, notre expression de genre et notre orientation sexuelle ainsi que celle des autres.
  • Développer des habiletés de communication efficace avec notre famille, nos pair-es et nos partenaires (occasionnel-les et romantiques).
  • Recevoir l’information nécessaire au sujet de nos corps pour prendre d’importantes décisions de santé. Ceci inclut des informations sur la puberté et ce à quoi nous pouvons nous attendre.
  • Comprendre les risques, les responsabilités, les résultats et les impacts des choix sexuels ainsi que les possibles bienfaits de la sexualité (comme la joie, la connexion, le plaisir et l’intimité).
  • S’outiller afin de réduire les risques pour nous et pour les autres.  
  • Développer une solide compréhension du privilège et de l’oppression afin de situer nos expériences et celles des autres, de bâtir notre résilience et notre sentiment de communauté, et de participer au changement positif. 
  • Savoir comment accéder au système de soins de santé et à d’autres ressources pour obtenir de l’information et des services.
  • Apprendre à poser ses limites sexuelles et à respecter celles des autres, et comprendre le consentement.
  • Établir et maintenir des relations significatives et saines, que ce soit des amitiés ou des partenariats romantiques. 

Adultes allié-es 
Pour apporter notre soutien en tant qu’adultes, nous devons avoir une attitude positive et respectueuse à l’égard du développement et de la santé sexuelle des jeunes.  

Afin de devenir des ressources dignes de confiance dans l’apprentissage de la santé sexuelle chez les jeunes personnes qui font partie de nos vies, il est essentiel d’avoir des conversations ouvertes et honnêtes avec elles sur ce qui leur tient à cœur et ce qu’elles vivent. Pour défendre les intérêts des jeunes, nous devons nous assurer que leurs droits fondamentaux sont respectés et que l’information et les services liés à la santé sexuelle répondent à leurs besoins.

Voici les meilleurs moyens d’être des allié-es de la santé sexuelle et du bien-être des jeunes :  

  • Reconnaître que l’adolescence est une période de développement et d’expérimentation sur le plan sexuel. 
  • Reconnaître que le choix d’être actif ou active sexuellement ou de ne pas l’être est un aspect normal et sain de l’adolescence. 
  • Soutenir, défendre et promouvoir le droit des jeunes personnes de développer des relations sexuelles saines, respectueuses et consensuelles, et promouvoir leur droit à l’information (y compris l’information sur la santé sexuelle), leur droit à la santé et leur droit de ne pas subir de violence et de discrimination.  
  • Parler de la sexualité et du genre de manière positive et inclusive. Nous ne sommes pas tous et toutes cisgenres et hétérosexuel-les et nous ne cadrons pas tous et toutes dans les catégories étroites des normes de genre et de l’expression de genre. 
  • Renseigner les jeunes personnes sur le contexte de leurs expériences afin d’encourager la résilience et le sentiment de communauté face aux défis comme l’homophobie, la grossophobie, l’humiliation des salopes, la violence sexuelle, la misogynie, la transphobie et le racisme.  
  • Créer des foyers et des milieux d’apprentissage inclusifs et sûrs pour toutes les jeunes personnes. 

Puberté 

La puberté est une importante période de croissance et de changement physique, émotionnel et social. C’est le moment où nos cerveaux et nos corps passent du mode « enfant » au mode « adulte ». La puberté commence généralement entre 8 et 13 ans, mais cela varie selon le corps, l’esprit et les circonstances de chaque personne; il est donc tout à fait normal que ton corps suive son propre rythme.   

Pour prendre soin de nous-mêmes, il faut être bien renseigné-es sur la puberté. Nous pouvons éprouver divers sentiments face à cette transition : appréhension, excitation, confusion. Il est même possible de ressentir ces trois choses à la fois! Nous sommes plus aptes à prendre soin de nous lorsque nous détenons des informations exactes sur les hormones, les règles et la pousse du poil, et que nous savons comment composer avec les sautes d’humeur, les émotions, les rêves érotiques, les béguins et toutes les autres choses qui se produisent.  

Clique ici pour accéder à des informations inclusives au sujet de la puberté sur le site Internet Teen Health Source >>  

Puisque les caractéristiques sexuelles secondaires (par exemple : seins, hanches élargies, pilosité faciale, pomme d’Adam) apparaissent au moment de la puberté, les jeunes personnes qui vivent une dysphorie de genre peuvent trouver cette période difficile. La dysphorie de genre, c’est lorsqu’une personne ne s’identifie pas au sexe qui lui a été assigné à la naissance. Certaines personnes peuvent ressentir de la détresse par rapport à leur corps et à la perception qu’en ont les autres, car leur genre ne concorde pas avec leur sexe assigné. Si tu vis des difficultés liées à la dysphorie de genre, tu n’as pas à les affronter seul-e. Tu es important-e et tu mérites du soutien. 

Orientation sexuelle, identité de genre et expression de genre  

Le genre et la sexualité sont des piliers de notre être. Il est très important de réfléchir à ces questions, d’en parler et d’obtenir du soutien afin de développer notre être authentique.

Chaque personne a une orientation sexuelle et un genre. Celles et ceux d’entre nous qui s’identifient comme hétéros et/ou cisgenres n’ont pas tant à y réfléchir, car notre expérience est considérée par la société comme étant la norme. Nous exprimons tous et toutes notre genre de diverses façons : par nos vêtements, nos préférences, nos activités, etc. Il est important et sain de prendre le temps de réfléchir à ces dimensions cruciales de notre être.

La plupart de nous ressentent assez bien leur genre et savent quelles personnes leur semblent attirantes dès un jeune âge (deux ou trois ans pour le genre, et quatre à sept ans pour l’attirance). Cela dit, notre façon de nous identifier peut changer. Plusieurs personnes traversent des périodes de questionnement et d’expérimentation lorsque leurs corps et leurs cerveaux amorcent la transition de l’enfance à l’âge adulte. En grandissant, nous avons accès à plus d’informations et d’expériences de vie, ce qui façonne notre perception de nous-mêmes et du monde. En étant exposé-es à un plus grand bassin d’individus, nous finissons par observer une diversité parmi nos ami-es et nos pair-es. Nous sommes plus confiant-es et plus prêt-es à nous affirmer. Chaque personne mérite d’être respectée dans sa démarche pour découvrir qui elle est vraiment et comment elle souhaite s’exprimer.

Si notre genre ou notre sexualité ne concorde pas avec les attentes de notre famille ou de notre communauté, ceci peut être difficile à vivre. Nous méritons d’être traité-es avec respect et dignité et de nous sentir en sécurité à la maison, à l’école et dans notre communauté. Tu es aimé-e; ton genre et ta sexualité font que tu es unique. Nous t’encourageons à demander du soutien et des conseils auprès d’un centre de santé sexuelle près de chez toi, d’un groupe de soutien en ligne ou d’adultes dignes de confiance dans ton entourage. Voici quelques ressources utiles :
 

Répertoire des centres de santé sexuelle
LGBT Youthline – Téléphone, texto ou courriel
Trans Lifeline (sans frais partout au Canada) : 1-877-330-6366
Nuance
Egale  

Jeunesse, J’écoute 

Suis-je prêt-e à avoir des relations sexuelles?  

Le développement sexuel fait partie de la transition vers l’âge adulte et inclut de décider si l’on veut avoir des relations sexuelles ou non. Plusieurs facteurs importants sont à considérer avant de décider d’avoir des relations sexuelles pour la première fois ou avec un nouveau ou une nouvelle partenaire. 

Malheureusement, plusieurs d’entre nous sont mal renseigné-es sur le sexe, vu le manque d’éducation sexuelle adéquate dans les écoles. Il est donc possible que l’on ait du mal à décider si on est prêt-e à avoir des relations sexuelles pour la première fois, que l’on ne sache pas comment agir ou que l’on ignore ce qui est propice à une expérience positive. Les facteurs à considérer sont nombreux : le moment, le lieu, ton état d’esprit, et surtout, la personne avec laquelle tu prévois le faire.

Certain-es d’entre nous ne ressentent pas d’attirance sexuelle et peuvent se situer sur le spectre de l’asexualité. En voyant nos pair-es développer un intérêt croissant pour le sexe, nous pourrions avoir l’impression que quelque chose ne tourne pas rond en nous – mais l’asexualité est une orientation sexuelle absolument normale. 

Comment savoir si c’est le bon moment?  

Plusieurs d’entre nous croient que nous « devrions » avoir des relations sexuelles même si nous ne sommes pas prêt-es, car nous pensons que tout le monde en a déjà. Nous avons souvent tendance à surestimer le nombre de personnes de notre entourage qui ont des relations sexuelles ou la fréquence à laquelle elles en ont. Par conséquent, plusieurs adolescent-es et jeunes adultes peuvent se sentir gêné-es ou avoir honte car ils ou elles s’imaginent être les seul-es à ne pas avoir de sexe. Nous pourrions ressentir la pression d’avoir des relations sexuelles alors que nous ne sommes pas intéressé-es ou pas prêt-es. 

Le plus important, c’est de se sentir prêt-e. Qu’est-ce que ça veut dire? Clique sur chacune des considérations ci-dessous pour lire plus d’information.  

J’ai trouvé le bon ou la bonne partenaire  

Le bon ou la bonne partenaire est quelqu’un qui te fait sentir en sécurité. Lorsqu’on fait confiance à quelqu’un parce que cette personne est là pour nous, qu’elle nous donne un sentiment d’habilitation et qu’elle nous met à l’aise, le sexe peut être une formidable source de joie, de connexion et de plaisir. Le bon ou la bonne partenaire est une personne que nous désirons. Si tu n’es pas certain-e de tes sentiments envers une personne ou de ce qu’elle ressent pour toi, ce pourrait être une bonne idée d’attendre.  

Je sens que c’est le bon moment; c’est ce que je veux  

Le bon moment pour avoir des relations sexuelles (pour la première fois ou avec un nouveau ou une nouvelle partenaire) est celui qui concorde avec tes valeurs personnelles, tes objectifs de vie et de relations et tes besoins émotionnels et physiques. Certain-es d’entre nous pourraient envisager d’avoir des relations sexuelles pour plaire à quelqu’un ou pour céder à la pression de pair-es – mais nous devrions plutôt le faire quand NOUS le désirons. Ceci vaut également pour les personnes avec lesquelles nous voulons avoir des relations sexuelles : nous devrions toujours nous assurer qu’elles en veulent aussi. Il n’est pas correct de tenter de « convaincre » une personne d’avoir du sexe et/ou de la harceler lorsqu’elle dit non.  

Le choix du moment est important; tu ne devrais pas te sentir précipité-e. Il se pourrait que tu te sentes prêt-e à avoir des relations sexuelles (ou que tu en aies déjà eu), mais que le moment ne s’y prête pas (tu ne veux pas avoir de sexe lors d’une fête ou dans un parc, par exemple). Dans un tel cas, il est important de reconnaître la situation et de prendre un peu de recul. 

Je ressens du désir et je sais ce que je trouve agréable 

Nous pouvons ressentir du plaisir physique de plusieurs façons, notamment par le toucher, les câlins, les baisers et les caresses. Certains des plaisirs les plus intenses de la vie impliquent une excitation et une expérience sexuelles. Nous méritons tous et toutes le plaisir, la proximité et l’affection dans nos relations sexuelles. Avant d’avoir des relations sexuelles avec d’autres personnes, nous devrions apprendre à nous connaître et prendre le temps de découvrir ce que nous trouvons agréable. Ceci est particulièrement vrai pour les filles et les jeunes femmes, car la sexualité et le plaisir féminins sont rarement représentés de manière authentique dans les médias. Pour être prêt-es à avoir des relations sexuelles avec un-e ou des partenaire-s, une étape importante consiste à connaître clairement ce qui nous fait sentir bien dans notre corps, ce que nous désirons, ce que nous voulons vraiment et les manières d’en parler.  

J’ai le droit à l’information pour prendre soin de moi 

Le sexe est formidable et il a de nombreux effets positifs et agréables; toutefois, sa pratique comporte un risque d’ITS (celles-ci sont très fréquentes) ou de grossesse non planifiée. En étant adéquatement renseigné-e sur la contraception, les ITS, le sexe plus sécuritaire et les options de grossesse, tu sauras mieux comment prendre soin de ton corps – ce qui peut atténuer grandement l’anxiété.     

Culture du consentement
En ce qui a trait au toucher sexuel et au sexe, chaque personne a le droit de décider ce qu’elle veut faire, à quel moment et à quel endroit. Pour que toute activité sexuelle puisse avoir lieu, il faut que chaque personne y consente, c’est-à-dire en disant oui de manière libre et volontaire. Il ne devrait pas y avoir de sexe lorsque des personnes sont incitées à dire oui, sont ivres, sont ignorées si elles essaient d’arrêter (nous avons le droit de changer d’idée EN TOUT TEMPS), ont peur, sont dupées ou le font pour acheter la paix.  

Qu’est-ce que la violence sexuelle?
La violence sexuelle, c’est :  

  • Être l’objet de miaulements de matou (harcèlement) dans la rue  
  • Être touché-e sans notre consentement  
  • Être insulté-e au moyen de mots sexualisés (comme « salope » ou « pute ») 
  • Être la cible de commentaires sexualisés de la part de pair-es ou d’inconnu-es  
  • Le viol  
  • La coercition sexuelle (tenter d’avoir des contacts sexuels avec une personne qui a refusé, en particulier en ayant recours aux drogues ou à l’alcool; exploiter la confiance; culpabiliser l’autre; manipuler en exploitant des insécurités; faire sentir à une personne qu’elle ne peut pas dire non)  
  • Partager des photos à caractère sexuel ou d’une personne nue sans son consentement.  

La plupart des agressions sexuelles se produisent entre des personnes qui se connaissent.  

Une enquête à l’échelle des États-Unis a révélé que 87 % des femmes ont vécu au moins un incident de violence sexuelle et d’agression sexuelle dans leurs vies; or, 76 % des personnes interviewées n’avaient jamais parlé de ces expériences à leurs parents ou tuteurs/tutrices. L’étude indique également que les personnes enseignantes ne parlent pas du consentement dans leurs salles de classe. Ceci signifie que plusieurs d’entre nous n’ont pas l’information nécessaire pour identifier les situations où nous vivons de la violence sexuelle (car même si nous sommes mal à l’aise, tristes, en colère ou si nous avons peur, nous n’avons pas nécessairement les mots exacts), pour respecter le consentement des autres et pour intervenir si nous sommes témoins d’un incident.

Personne ne mérite d’être agressé-e sexuellement. Si tu as été agressé-e sexuellement ou si tu connais quelqu’un qui l’a été, tu peux en parler à un-e intervenant-e. Pour une liste des centres contre les agressions à caractère sexuel et des maisons de transition dans chaque province et territoire, consulte le site Internet de l’Association canadienne des centres contre les agressions à caractère sexuel. Ces ressources te permettront de connaître tes options, notamment l’assistance médicale, le dépôt d’une plainte à la police et le counseling. 

Depuis un certain temps, nous entendons beaucoup parler d’agression sexuelle, de coercition sexuelle et de harcèlement sexuel dans les médias. Le mouvement #MoiAussi a ouvert la conversation et permis à un plus grand nombre de personnes de partager leurs histoires. Bon nombre d’entre nous sont étonné-es de voir à quel point ces expériences sont répandues. Ceci est dû en partie à la culture du viol.  

Culture du viol

L’expression « culture du viol » sert à exprimer à quel point l’agression sexuelle semble normale, dans la société. Elle décrit une culture où le viol et la violence sexuelle (habituellement à l’encontre des femmes et des minorités de genre) sont répandus et considérés comme inévitables et banals. La culture du viol est due à toutes les façons par lesquelles nous normalisons la violence sexuelle, la tolérons et plaisantons à son sujet.  

À quoi la culture du viol ressemble-t-elle? 

  • Appuyer des célébrités accusées de viol ou d’agression sexuelle  
  • Propager des mythes sur le viol, comme la croyance selon laquelle le viol est perpétré uniquement par des personnes inconnues dangereuses, dans des ruelles sombres, qui utilisent la violence ou la menace de violence pour attaquer quelqu’un   
  • Ne pas croire les personnes qui affirment avoir vécu de la violence sexuelle et penser plutôt qu’elles mentent ou qu’elles cherchent à causer du trouble aux personnes qu’elles accusent  
  • Faire des blagues sur le viol  
  • Les émissions de télévision, les films et les jeux vidéo qui présentent constamment de la violence sexuelle, parfois très explicite  
  • Trouver des raisons qui justifient qu’une personne a été agressée (« Elle était saoule », « As-tu vu les vêtements qu’elle portait?! », « Elle faisait la fête avec ces garçons », « Elle flirtait », « Pourquoi était-elle là si elle ne voulait pas ça? », « Elle est tellement dramatique, elle regrette probablement ce qu’elle a fait ») – ce que l’on appelle aussi le « blâme de la victime »  
  • Dire que « les garçons seront toujours des garçons » (ou justifier des comportements inexcusables par le fait d’être un homme)  
  • Être plus préoccupé-e par la réputation des personnes qui ont agressé sexuellement quelqu’un que par le bien-être et la sécurité des personnes qui ont été agressées  
  • Penser qu’il est drôle de toucher une personne sans son consentement  
  • Penser que les personnes réagissent de façon excessive lorsqu’elles signalent un cas de harcèlement sexuel  
  • Des garçons et des hommes qui font entre eux des commentaires inappropriés au sujet de femmes et de filles et qui appellent cela des « conversations de vestiaire ».  

Nous pouvons mettre fin à la culture du viol en participant à la création d’une culture de consentement, de respect et de sexualité positive dans laquelle tous les touchers et rapports sexuels sont voulus.

Une culture de consentement, de respect et de sexualité positive, c’est :  

  • Demander un « oui » ou un « non » et le respecter (ceci peut être communiqué par des mots ou de manière non verbale)  
  • Dénoncer les personnes qui ont un langage irrespectueux à l’égard des femmes, des filles et des minorités de genre, qui font des blagues sur le viol, qui agressent sexuellement des personnes ou qui les harcèlent  
  • Ne pas justifier la violence sexuelle, et croire plutôt les personnes qui dévoilent ou signalent des cas de harcèlement sexuel ou de violence sexuelle  
  • Apprendre à avoir des relations saines, que ce soit des amitiés, des rencontres occasionnelles ou des partenariats romantiques.  

Le consentement est crucial au plaisir mutuel et à la sexualité saine. Clique ici pour savoir comment demander le consentement, pourquoi le consentement est important et quoi faire dans diverses situations >>

Sextos 

On ne peut parler de consentement sans parler des sextos. Les sextos sont des photos ou des messages texte sexuellement explicites qu’on envoie sur le téléphone d’une autre personne.  

Les sextos peuvent être une manière amusante et excitante d’exprimer notre affection et notre désir l’un-e pour l’autre sans nous exposer à des risques physiques. Ce n’est pas un phénomène nouveau – avant les cellulaires, les gens s’envoyaient des lettres d’amour torrides au lieu de messages texte.

Les sextos peuvent être formidables si nous sommes dans une relation digne de confiance et si nous nous sentons en sécurité. Ils peuvent aider au développement de relations saines, à la pratique du consentement et à la maîtrise des habiletés de communication efficace. Par exemple, supposons que quelqu’un te demande de lui envoyer un sexto. Si tu ne veux pas, tu as besoin d’habiletés pour exprimer ton refus, tout en précisant que tu veux continuer la relation. La personne de l’autre côté de l’écran doit pour sa part communiquer son respect de cette limite et reconnaître que faire pression pour que tu lui envoies une photo n’est pas sain ni éthique. 

Si tu veux envoyer des sextos ou si tu veux en recevoir, assure-toi de demander d’abord le consentement de l’autre personne.   

L’envoi d’un sexto s’accompagne de risques. À partir du moment où nous l’envoyons, nous ne contrôlons plus comment il est partagé et avec qui. La personne qui le reçoit a la responsabilité de ne pas le partager sans l’autorisation de la personne qui l’a envoyé. Si elle le partage sans autorisation, elle doit réfléchir aux conséquences possibles.  

Il est important de connaître les lois canadiennes sur le partage non consensuel d’images sexuelles. En 2015, le Gouvernement du Canada a adopté une nouvelle loi sur la distribution non consensuelle d’une image intime (ou ce que certain-es appellent la « pornographie de vengeance »). Cette nouvelle loi stipule que :  

« Quiconque sciemment publie, distribue, transmet, vend ou rend accessible une image intime d’une personne, ou en fait la publicité, sachant que cette personne n’y a pas consenti ou sans se soucier de savoir si elle y a consenti ou non, est coupable. » 

Les autorités policières utilisent cette loi dans les cas où une photo ou vidéo est envoyée de manière non consensuelle et est utilisée comme arme à l’extérieur d’une relation. Une personne reconnue coupable en vertu de cet article du Code criminel n’est toutefois pas inscrite à un registre des délinquants sexuels. 

Lorsque la confiance est présente, les sextos peuvent être super! Nous devons être des partenaires respectueux/respectueuses et soucieux/soucieuses de l’éthique, qui :  

  • ne partagent pas les contenus qui nous sont destinés personnellement, car ceci pourrait porter préjudice à d’autres personnes; et  
  • s’assurent que les personnes consentent à recevoir des sextos de notre part avant d’en envoyer.  

Relations saines 

Plusieurs jeunes personnes se sentent mal préparées à des relations romantiques affectueuses et durables et ressentent de l’anxiété face au développement de telles relations. Or les parents, les personnes enseignantes et les autres adultes ne leur apportent souvent que peu de soutien, voire aucun, dans le développement de ces relations. Ceci est particulièrement vrai pour les jeunes personnes qui s’identifient comme gaies, lesbiennes, bisexuelles, pansexuelles ou queer. Les jeunes méritent d’avoir accès à l’information et aux occasions de renforcement des habiletés qu’il leur faut pour bâtir des relations solides et saines. 

Les relations saines et de bonne qualité et les réseaux de soutien social sont importants. Ils ont un impact direct sur notre bien-être et sur notre espérance de vie. Des relations solides et saines nous aident à gérer le stress, à résoudre les problèmes et à surmonter les défis de la vie. 

Tu auras divers types de relations au cours de ta vie – par exemple, avec les membres de ta famille, avec des ami-es, des collègues et un-e ou plusieurs partenaires intimes. Mais il y a une autre relation importante dont on oublie souvent de parler : celle que nous avons avec nous-mêmes. 

Chaque personne est un acteur ou une actrice crucial-e de ses relations. En prenant le temps de nous connaître, de nous aimer, de nous respecter et de nous apprécier, nous développons des bases solides pour nos relations avec les autres.  

Diverses formes de relations intimes peuvent enrichir nos vies (par exemple, des relations monogames, occasionnelles, mariées, polyamoureuses, et plusieurs autres).  

Quels sont les ingrédients d’une relation saine 

Chaque relation est unique, mais les indicateurs suivants peuvent nous aider à évaluer la santé d’une relation.  

  • Compatibilité : Sois conscient-e de ce que tu recherches dans une relation. Prends le temps de bien connaître l’autre personne avant de t’engager dans une relation sérieuse. Il est important d’avoir une bonne idée de la personne et de savoir si ses valeurs et sa personnalité s’harmonisent avec les tiennes. Les étincelles sont excitantes mais ne sont pas toujours un gage de compatibilité!
  • Communication: Une bonne communication signifie que chaque personne se sent à l’aise d’exprimer ses émotions, ses besoins et ses désirs, et ceci inclut d’écouter les propos de l’autre personne et de les respecter. C’est aussi respecter l’opinion de ton ou ta partenaire même si elle est différente de la tienne. Notre communication non verbale (p. ex., le langage du corps, le ton de la voix, les expressions faciales) est aussi importante; elle joue un rôle crucial dans les rapports humains.
  • Honnêteté et responsabilité : Être vrai-e avec soi-même et honnête et juste avec les autres est le fondement de toute relation saine. L’honnêteté, c’est être suffisamment à l’aise pour partager des sentiments et des désirs importants avec notre ou nos partenaire-s, et ne pas avoir peur de s’exprimer lorsqu’un point de la relation ne nous convient pas. Être honnête ne veut pas dire être brutal-e et méchant-e; nous pouvons partager nos sentiments de manière constructive. Quant à la responsabilité, c’est assumer nos sentiments et nos comportements et respecter toute entente négociée avec notre ou nos partenaire-s.  
  • Partage du pouvoir : Le partage du pouvoir est essentiel à une relation saine. Chaque personne devrait se sentir en sécurité, respectée et sur un pied d’égalité dans tous les aspects de la relation. La négociation est un aspect clé du partage du pouvoir. Dans une négociation, chaque personne exprime ses besoins face à une situation donnée, puis on tente ensemble de trouver une solution ou un compromis. 
  • Limites physiques saines : Il est important d’établir ce avec quoi tu es à l’aise (idem pour ton/ta/tes partenaire-s), en ce qui a trait aux divers types de touchers et d’activités sexuelles. Assure-toi de communiquer tes limites à ton/ta/tes partenaire-s.
  • Limites émotionnelles saines: Il est sain de poser des limites émotionnelles au sein d’une relation. Des limites émotionnelles peuvent t’aider à maintenir une estime de soi solide et à te protéger contre la manipulation ou de possibles pièges. Elles permettent de te distancier des problèmes ou des sentiments de ton/ta/tes partenaire-s. Le fait d’exprimer une limite ne signifie pas que tu manques de sympathie, que tu ne te soucies pas de l’autre personne ou que tu ne la soutiens pas. Au contraire, les limites nous rappellent qu’il ne nous appartient pas de résoudre les problèmes d’une autre personne à sa place (peu importe combien nous l’aimons et voulons son bien).
  • Confiance et bienveillance : La confiance et la bienveillance sont des manières cruciales de cultiver l’intimité. Lorsque nous nous soucions d’une autre personne et qu’elle se soucie de nous, il est plus facile de montrer notre vulnérabilité et notre véritable personnalité. La confiance fait partie de l’intimité, car la plupart des personnes ont besoin de pouvoir compter sur le fait que leurs partenaires respectent leurs limites et leurs ententes mutuelles. Si tu fais suffisamment confiance à une personne pour être intime avec elle, c’est parce que tu sais qu’elle te traitera avec respect et dignité, qu’elle ne dévoilera pas les détails de votre vie intime aux autres et qu’elle respectera tes limites.
  • Prendre soin de toutes les facettes de notre être: Une nouvelle relation peut être agréable et excitante. Tu pourrais avoir envie de passer tout ton temps avec cette personne, mais il est important de garder un certain équilibre. Il est sain pour chaque personne de maintenir son identité et sa vie (y compris ses propres intérêts et ses autres relations d’importance). Il est important de se rappeler que nous sommes des individus. L’habitude de voir à tes propres sentiments et besoins bénéficie à tout le monde.  

Certaines relations peuvent menacer le bien-être ou la sécurité; d’autres peuvent conduire des personnes à se sentir déprimées, prises au piège ou épuisées mentalement ou émotionnellement.  

Violence au sein de relations intimes

La violence au sein de relations intimes, c’est lorsque le ou la partenaire ou ex-partenaire d’une personne exerce contre elle de la violence physique, sexuelle, verbale, psychologique ou du harcèlement. Nous avons souvent l’impression que la violence conjugale est uniquement physique (œil au beurre noir, bousculades, coups, etc.), mais elle peut également inclure de la violence émotionnelle ou psychologique. Cette forme de violence peut ressembler à ceci :  

  • Humiliation publique 
  • Insultes ou critiques continuelles 
  • Intimidation et menaces  
  • Tentatives de te contrôler (p. ex., les endroits où tu vas, les personnes que tu fréquentes, les vêtements que tu portes, etc.) 
  • Isolement des ami-es et de la famille  

La violence et les abus d’ordre émotionnel et psychologique sont aussi dommageables à nos sentiments de sécurité et d’estime de soi que la violence physique. 

Clique ici pour plus d’information et pour savoir comment évaluer tes relations >> 

Cette forme de violence touche également des jeunes. Elle n’est jamais acceptable. Personne ne mérite d’être traité-e de la sorte; ce n’est jamais ta faute. Tu as le droit à la sécurité. Clique ici pour obtenir de l’aide ou parler à quelqu’un >>
 

Violence fondée sur le genre
 

La violence fondée sur le genre est une violence dirigée contre une personne en raison de son genre. Elle affecte de manière disproportionnée des femmes et des filles, mais également des personnes trans, de genre non binaire et bispirituelles en raison de leur identité et/ou expression de genre. Cette forme de violence est le plus souvent exercée par des hommes, y compris de jeunes hommes. Elle inclut tout acte de violence pouvant causer un préjudice physique, sexuel, psychologique ou économique à une personne. Elle peut ressembler à du harcèlement dans la rue (attouchements, sifflements, miaulements de matou, attention non voulue dans des lieux publics); de la traque; de la violence sexuelle; des actes comme battre, bousculer, gifler ou donner des coups de pied; et des abus psychologiques ou émotionnels comme des menaces, des injures, l’humiliation et l’isolement imposé des ami-es et de la famille.

La violence fondée sur le genre fait en sorte que les personnes ciblées ne se sentent pas en sécurité; elle vise à affirmer le pouvoir et le contrôle de la personne qui l’exerce. Nous ne sommes pas toujours conscient-es de la violence que nous exerçons; certaines formes de violence fondée sur le genre peuvent être faites sans qu’on y pense ou pourraient être qualifiées de « taquineries » ou de « blagues », « juste pour rire ». Nous pourrions également y participer pour prouver notre valeur à d’autres hommes et garçons.  

La violence fondée sur le genre est très répandue : 87 % des femmes disent en avoir vécu au moins une fois dans leur vie. Nos écoles ou nos parents devraient nous éduquer sur le sujet, mais en réalité, on nous explique rarement ce en quoi cette violence consiste et comment ne pas l’encourager. Pour mieux comprendre la violence fondée sur le genre, il peut être utile de savoir ce qui l’alimente : la misogynie. 

Qu’est-ce que la misogynie? 

Une étude de l’Université Harvard a révélé que plusieurs jeunes personnes ont du mal à bâtir des relations romantiques saines et qu’elles rencontrent de la misogynie et du harcèlement sexuel à grande échelle. 

La misogynie est plus compliquée que le seul fait de haïr les filles et les femmes ou d’être hostile à leur égard. Même des personnes qui aiment les femmes, ou du moins certaines d’entre elles (comme leurs mères, leurs copines, etc.), peuvent poser des gestes misogynes.  

La misogynie s’appuie sur le sexisme. Le sexisme est un système qui place les hommes et les garçons en opposition aux femmes et aux filles et qui considère tout ce qui est masculin comme étant supérieur à ce qui est féminin. Le sexisme est la raison pour laquelle le salaire des hommes est généralement supérieur à celui des femmes et les tâches « féminines » comme prendre soin de bébés sont considérées comme moins importantes.  

La misogynie vise à contrôler, à surveiller, à punir et à isoler les « mauvaises » femmes/filles qui remettent en question le rôle des hommes et ce à quoi ils ont « droit » (comme le sexe, l’attention, l’admiration, une épouse qui leur fait des enfants et qui s’occupe de la maison, etc.). La misogynie consiste également à récompenser les « bonnes » femmes qui font ce que l’on attend d’elles et à étiqueter d’autres femmes comme étant « mauvaises ».   

Nous sommes éduqué-es à réfléchir de façon misogyne. Pense à toutes les fois où tu as entendu des plaisanteries du genre « Va me faire un sandwich » ou observé des réactions d’étonnement face à une femme qui ne veut pas d’enfants. Pense au nombre de personnes qui se sentent attaquées lorsque des femmes s’affirment et jouent des rôles de leadership. Ces femmes sont perçues comme étant méchantes et incompétentes; on dit qu’elles devraient se faire « remettre à leur place ». C’est ça, la misogynie : remettre des femmes et des filles à leur place simplement parce que leurs comportements ne correspondent pas aux attentes stéréotypées de la féminité, et utiliser parfois la violence (fondée sur le genre) à cette fin.  

Humiliation des salopes (« slut-shaming ») 

L’humiliation des salopes, c’est lorsque nous critiquons ou humilions ouvertement des personnes (habituellement des femmes et des filles), ou que nous nous moquons d’elles, en raison de leurs activités sexuelles réelles ou présumées. Nous supposons qu’une personne est une « salope » (ce qui est considéré comme mauvais) en nous basant sur diverses caractéristiques – les vêtements qu’elle porte, le nombre de partenaires qu’elle a eus, le fait qu’elle a envoyé une photo d’elle nue ou qu’elle a embrassé quelqu’un, etc. La punition associée à cette image est l’humiliation, le commérage, voire la violence sexuelle. Des personnes de tous les genres participent à l’humiliation des salopes, car nous apprenons dès un jeune âge que l’activité sexuelle d’une personne est sujette aux commérages et à l’intimidation. Personne ne mérite d’être humilié-e de la sorte! N’encourage pas l’humiliation des salopes et dénonce-la si tu en es témoin.   

Qu’est-ce que la masculinité toxique? 

Nous entendons souvent parler de masculinité toxique dans les médias. Plusieurs personnes sont confuses quant à sa définition. Certain-es croient que cela signifie que tous les garçons et tous les hommes sont mauvais; c’est faux.  

Pour comprendre ce qu’est la masculinité, il est d’abord important de noter que les chercheurs n’ont décelé pratiquement aucune différence entre les cerveaux « féminins » et « masculins ». Souvent, des personnes de genres différents agissent de manières différentes non pas à cause de caractéristiques biologiques, mais plutôt en raison de nos définitions rigides de ce qui est féminin et masculin.  

La masculinité toxique est une version de la masculinité qui est malsaine pour les hommes et les garçons de même que pour les personnes autour d’eux. Elle associe la masculinité à la violence, au sexe, au statut (appartenance du contrôle et du pouvoir) et à l’agression. Selon la masculinité toxique, le fait d’être un homme se définit par la force physique, la dissimulation des faiblesses, le sexe que nous avons, la brutalité et la violence; des traits « féminins » comme avoir des émotions et en parler, la vulnérabilité, se soucier des autres ou ne pas être hypersexuels font que nous sommes « moins hommes ». 

La masculinité toxique est difficile pour la santé mentale des garçons qui grandissent dans ce cadre rigide où les sentiments et les émotions sont découragés.  

La masculinité toxique cause de la violence, y compris de la violence sexuelle. Les hommes sont encouragés à être brutaux, à utiliser la force pour montrer leur domination, à avoir des conquêtes sexuelles pour prouver qu’ils sont de vrais hommes, et à ne pas développer de liens émotionnels. 

La masculinité toxique est une version parmi tant d’autres de la masculinité; par conséquent, nous pouvons choisir ce que signifie pour nous le fait d’être un homme. Avec l’aide de tes ami-es et de ta famille, tu peux définir une version de la masculinité à laquelle tu aspires.   

Clique ici pour des exemples de masculinité saine >> 

Image corporelle positive et saine estime de soi  

Tous les corps méritent l’amour, l’acceptation et une représentation positive. Nous méritons d’apprécier nos corps et nous devrions en faire autant pour ceux des autres – grands, petits, gros, minces, musclés, en fauteuil roulant ou assistés d’une canne, etc. Il n’y a pas de type de corps qui soit « bon » ou « mauvais ». Une personne qui est mince n’est pas nécessairement en santé; de la même façon, être gros-se ne signifie pas toujours que ta santé est mauvaise. Des cheveux lisses ne sont pas mieux que des cheveux frisés ou crépus; et une peau pâle n’est pas plus belle qu’une peau foncée. Les peaux brunes sont ravissantes 

Notre perception de nous-mêmes et de nos propres corps joue un rôle déterminant dans notre santé et notre bien-être. Les médias, les gens de notre entourage et la culture populaire influencent notre image corporelle. Nous sommes constamment exposé-es à des images de la beauté qui se limitent à des corps minces et musclés, à des peaux blanches et à des cheveux lisses. Les émissions de télévision, les films et les médias sociaux regorgent de telles images. Le fait de voir ces images à répétition peut nous rendre mal dans notre peau. Ces sentiments peuvent affecter notre estime de soi et notre santé mentale. 

Nous ressentons de fortes pressions de nous conformer à ces critères de beauté très stricts. Nous prenons l’habitude de nous comparer à nos ami-es et aux célébrités. Nous ne devrions pas essayer d’être quelqu’un d’autre, mais plutôt accepter notre beauté unique et apprécier toutes les façons dont nos corps nous servent.  

Que peut-on faire? 

  • Parler des normes de la beauté (et du fait qu’elles sont irréalistes). 
  • S’entourer de personnes qui s’acceptent et se soutiennent entre elles, et qui ne dénigrent pas leurs corps ou ceux des autres.  
  • Devenir des influences positives dans nos groupes d’ami-es.  
  • Surveiller notre temps d’utilisation des médias sociaux et les personnes/comptes que nous choisissons de suivre.   
  • Bouger : faire partie d’une équipe ou d’un groupe non axé sur la taille du corps et l’image corporelle. Ceci peut nous aider à nous connecter à notre corps.  
  • Discuter avec nos ami-es et avec des adultes dignes de confiance de ce que nous observons dans les médias et de l’injustice liée aux faits qu’on y célèbre un seul type de corps et qu’on manipule des images dans Photoshop. Parlons de l’impact du racisme et/ou du capacitisme sur notre perception de nos corps. 
  • Donner à notre corps ce dont il a besoin, y compris de l’amour et du respect, de la nourriture et du mouvement, du toucher et du plaisir.  

Littératie médiatique questions importantes à se poser 

Nous passons beaucoup de temps sur nos téléphones ou nos ordinateurs, à scruter les médias sociaux, à explorer des contenus, à regarder des émissions de télévision, à écouter de la musique et à lire toutes sortes de choses sur Internet. Les médias ont un puissant effet sur nous. Il est important de faire la distinction entre la représentation de la sexualité et des relations dans les médias et leurs manifestations réelles.  

La plupart des représentations médiatiques de la sexualité, des relations et des corps sont irréalistes. Nous pouvons apprendre à avoir un esprit critique et à remettre en question ces messages au lieu de les assimiler directement.  

Chaque publicité livre un message au-delà de celui d’acheter le produit. Chaque article, chaque émission, chaque nouvelle porte des messages plus profonds. Les publicités, les profils de marques dans les médias sociaux et les influenceurs et influenceuses créent des idéaux qui exploitent les insécurités des gens pour gonfler leurs profits. Pour vendre des produits ou mousser leur image, les marques hypersexualisent les corps des femmes et utilisent la masculinité toxique, exagèrent les rôles de genres et véhiculent des messages qui peuvent nous faire sentir inadéquat-es ou insatisfait-es face à nous-mêmes, en particulier en ce qui concerne les types de corps qui sont présentés comme étant « désirables » (p. ex., très minces, musclés, athlétiques, peaux blanches, etc.). Utiliser nos habiletés de réflexion critique dans le contexte de notre consommation médiatique est une excellente façon de protéger notre santé. 

Pornographie 

La pornographie est plus accessible que jamais. Plusieurs jeunes ont déjà vu de la porno. Il se peut que tu en aies vu par curiosité, parce que tes ami-es et toi vouliez rigoler, en cliquant par erreur sur un lien, ou parce que tu cherchais à te faire plaisir. Il n’y a rien de honteux à regarder de la pornographie. Cela dit, nous devons également jeter un regard critique sur ce type de contenu puisque, comme les autres médias, la pornographie grand public véhicule des idées limitées sur le genre, les corps et la sexualité. Par exemple, la plupart des acteurs et actrices pornographiques ont une apparence physique typique (très minces, musclé-es, athlétiques, gros seins, gros pénis, etc.); plusieurs scénarios présentent les femmes comme étant soumises sexuellement et socialement; et le sexe n’y est pas toujours réaliste ou agréable pour toutes les personnes impliquées.   

La littératie pornographique est tout aussi importante que la littératie médiatique. Si possible, trouve un adulte digne de confiance avec qui discuter de la pornographie et de l’attitude des gens à l’égard du sexe, de la porno et des rôles de genre, des fantasmes, de la porno et du racisme, etc. Il existe également des ressources approfondies sur le sujet.  

Clique ici pour découvrir le projet « What’s up with Porn » >> 

Voici quelques questions utiles pour guider notre réflexion sur les médias que nous consommons :  

  • Qui a créé ce contenu et dans quel but?  
  • Quel est le message de l’auteur-e?  
  • Pourquoi véhicule-t-on ce message?  
  • Qui vois-tu et que vois-tu? Qui est représenté-e et qui est absent-e?  
  • Le contenu représente-t-il de manière réaliste le genre, la sexualité, les corps, le mode de vie des jeunes, etc.? S’il s’agit d’une production pornographique, crois-tu qu’elle présente une image réaliste du sexe avec un-e partenaire?  
  • Le contenu dénigre-t-il une personne ou un groupe de personnes?  
  • La représentation des personnes encourage-t-elle certains stéréotypes?   
  • Le contenu contribue-t-il à des perceptions néfastes du genre, de la sexualité, des relations, du consentement, des corps, de la santé, des femmes et des filles, des personnes de couleur, des immigrant-es, etc.? Ou remet-il en question certains stéréotypes néfastes?  
  • Présente-t-on certaines personnes comme étant des objets sexuels?  
  • Après avoir visionné ce contenu, comment te sens-tu par rapport à toi-même? À tes choix? À ton corps? À ce que tu as? À ta vie en général?  

Lorsque nous commençons à utiliser ces questions pour réfléchir au contenu que nous consommons tous les jours, le réflexe devient rapidement automatique. Elles nous aident à poser un regard plus critique. Plus nous sommes conscient-es des messages qui se rendent jusqu’à nous, plus nous pouvons profiter des bienfaits de la technologie. 

Faisons le point sur les ITS et le dépistage!  

L’expérience de contracter une infection transmissible sexuellement (ITS) est très répandue. Toute personne qui est sexuellement active peut contracter une ITS et la transmettre. Les taux d’ITS parmi les jeunes sont en hausse depuis plusieurs années. La chlamydia et le VPH sont les infections les plus répandues. De plus, elles sont souvent asymptomatiques : tu pourrais n’avoir aucun symptôme et ne pas savoir que tu les as. Si tu as une ITS, il est important de te faire traiter pour prévenir toute complication éventuelle.   

Puisque les ITS sont répandues, nous devrions en savoir plus sur elles! Notre nouveau centre d’information sur les ITS est présentement en construction. Il fournira des renseignements utiles sur les symptômes, les traitements et le dépistage ainsi qu’un répertoire de cliniques et de fournisseurs/fournisseuses de services de dépistage. Il offrira également un répertoire de cliniques de dépistage d’ITS conviviales aux jeunes pour t’aider à trouver un point de service près de chez toi.

 

Tout sur la grossesse de la contraception jusqu’aux options de grossesse  

À la puberté, nos systèmes reproducteurs se développent et nous devenons aptes à concevoir un bébé –soit parce que nous pouvons éjaculer du sperme, soit parce que nos ovaires libèrent chaque mois un ovule qui, s’il est fécondé par un spermatozoïde, se transformera en embryon (le tout premier stade de la grossesse). Si l’embryon s’attache à la paroi de l’utérus (dans notre ventre), il pourrait se développer en bébé au cours des neuf prochains mois. Si nous avons des relations pénis-vagin non protégées après avoir atteint cette maturité reproductive, ceci peut entraîner une grossesse.

Choisir une méthode contraceptive 

Nous pouvons prévenir la grossesse à l’aide de la contraception (aussi appelée « contrôle des naissances/de la fertilité »). Dès que tu envisages d’avoir des relations sexuelles ou que tu commences à en avoir, il est important de te renseigner sur la fertilité (comment tu peux devenir enceinte lors de ta première relation sexuelle, comment l’ovulation peut survenir pendant les règles, etc.) et sur les méthodes contraceptives.

Clique ici pour en savoir plus sur les méthodes de contraception/contrôle de la fertilité et pour t’aider à choisir celle qui te convient le mieux >> 

Clique ici pour lire les plus récentes recommandations sur la contraception chez les jeunes >> 

Nous pouvons utiliser la contraception à d’autres fins. Même si l’objectif de la contraception est de prévenir la grossesse, plusieurs personnes choisissent d’utiliser des méthodes contraceptives hormonales en raison de leurs bienfaits de santé. Par exemple, certaines méthodes contraceptives hormonales peuvent aider à régulariser les règles, à gérer les troubles d’humeur associés au cycle menstruel, à réduire l’acné et/ou à atténuer la douleur liée à l’endométriose. Pour choisir la méthode contraceptive qui te convient le mieux, consulte tes professionnel-les des soins de santé.  

En cas de grossesse non planifiée : options de grossesse 

La nouvelle d’une grossesse (la tienne ou celle de ton/ta partenaire) pendant ton secondaire ou au début de tes études collégiales peut provoquer des émotions intenses (surprise, peur, honte, joie, excitation, confusion, colère, etc.). Les grossesses non planifiées ne découlent pas toujours de relations sexuelles irresponsables. Même si tu prends toutes les précautions possibles, la décision d’avoir des relations sexuelles implique que tu acceptes un certain risque – car aucune méthode n’est efficace à 100 % pour prévenir la grossesse. Un condom peut briser ou une méthode contraceptive peut échouer (ou être mal utilisée).  

Si tu apprends soudainement que tu es enceinte, tu n’as pas à vivre cette situation seul-e. La meilleure chose à faire est de demander du soutien le plus tôt possible. Plusieurs jeunes personnes attendent avant de demander l’aide d’un adulte digne de confiance (qui n’est pas nécessairement un de tes parents – ce peut être l’infirmière ou l’infirmier de l’école, un-e professionnel-le de la santé, etc.), car elles se sentent bouleversées. Mais plus on attend avant de s’occuper d’une situation, plus elle peut devenir complexe.  

Si tu es enceinte et ne sais pas vers où te tourner, ne t’inquiète pas. Il existe d’excellentes ressources pour t’aider à connaître tes options et à établir un plan. Communique avec ton centre local de santé sexuelle pour savoir quelles sont les premières étapes ou téléphone à notre Ligne d’accès. 

Dans ce processus de décisions liées à une grossesse non planifiée, n’oublie pas que chaque personne est différente et que nous rencontrons tous et toutes des circonstances différentes qui influencent nos choix. Chaque personne doit prendre la décision qui lui convient.

Certain-es d’entre nous choisiront l’avortement, et c’est correct.

Certain-es d’entre nous choisiront l’adoption, et c’est correct. 

Certain-es d’entre nous choisiront de devenir parents, et c’est correct.

La parentalité adolescente est rarement abordée de manière positive; ceci n’aide personne. La stigmatisation, la honte et le jugement rendent plus difficile pour les jeunes parents de réussir. Certaines jeunes personnes choisissent intentionnellement la grossesse et la parentalité. Certaines jeunes personnes ne prévoyaient pas devenir enceintes, mais choisissent de devenir parents à la suite d’une grossesse non planifiée. Les jeunes parents peuvent assurément être d’excellents parents; ils et elles méritent d’atteindre leur plein potentiel. Les parents adolescent-es ont besoin de soutien, et non de stigmatisation et de jugements.  

Clique ici pour lire des expériences de parents adolescent-es >>

Clique ici pour en savoir plus sur les options qui s’offrent à nous en cas de grossesse non planifiée >>   

Besoin d’une visite à la clinique? 

Vie privée et confidentialité  

La confiance en nos professionnel-les des soins de santé est primordiale. Il est important de pouvoir compter sur notre équipe de soins de santé pour protéger notre vie privée et nos renseignements confidentiels.  

En ce qui a trait aux soins de santé sexuelle et génésique, plusieurs jeunes personnes se demandent à quelles informations et à quels services elles peuvent accéder sans avoir besoin du consentement de leurs parents. Peut-être as-tu besoin d’un avortement, d’un dépistage d’ITS ou de prendre la pilule, sans toutefois être à l’aise d’en parler à tes parents.  

Clique ici pour en savoir plus sur la vie privée et la confidentialité, pour connaître tes droits et pour savoir à quoi t’attendre de la part de tes professionnel-les des soins de santé >> 

Soins de santé sexuelle conviviaux aux jeunes 

Il peut être difficile de trouver un endroit où obtenir un dépistage ou des soins de santé sexuelle, en particulier si tu vis dans une petite communauté sans transports en commun. Et il peut être difficile de trouver des professionnel-les des soins de santé qui sont habitué-es de côtoyer des jeunes.  

 

Éducation sexuelle complète

En tant que jeune personne, tu as le droit à une éducation sexuelle non biaisée et scientifiquement exacte. Tous les sujets que nous avons abordés dans cette section devraient faire partie de l’éducation que nous recevons de l’enfance jusqu’à l’âge adulte. Imagine si tout le monde pouvait grandir en ayant accès à la meilleure information qui soit pour comprendre son genre et sa sexualité, pour cultiver des relations saines et pour prendre soin de sa santé sexuelle…  

L’éducation sexuelle que plusieurs d’entre nous reçoivent (si nous en recevons) n’englobe pas tout cela. La plupart d’entre nous grandissent sans avoir accès à des informations essentielles qui pourraient nous aider à protéger notre santé et notre sécurité. En général, si nous recevons une éducation sexuelle, elle est axée sur le risque, sur l’anatomie et sur la démonstration rapide de l’utilisation d’un condom (avec une banane comme accessoire, si nous avons de la chance). Presque partout, l’éducation sexuelle n’est pas inclusive à l’égard des personnes LGBTQ+ et d’enjeux importants comme le consentement, la technologie, le plaisir et les relations saines.   

Puisque la sexualité fait partie intégrante de l’expérience humaine, une éducation sexuelle complète est essentielle pour prendre des décisions éclairées concernant le sexe, les relations et nos corps.  

Pour en savoir plus sur l’éducation sexuelle, cette websérie présente un aperçu de la situation au Canada. Surveille le lancement prochain de notre campagne Ensemble pour l’éducation sexuelle!