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Hé docteur, pourquoi ne prescrivez-vous pas la pilule abortive ?

Mifegymiso, la pilule abortive nouvellement disponible au Canada, est omniprésente dans les médias ces jours-ci. Vu cette couverture médiatique, on s’attendrait à ce que la « norme d’or » de l’Organisation mondiale de la Santé soit disponible à grande échelle. Or, il semble qu’elle n’est offerte que par quelques médecins. Vraiment ?

Ce médicament est déjà disponible et utilisé de façon sécuritaire dans plus de 60 pays. Il s’agit d’une façon efficace de mettre fin à une grossesse en ayant recours à un médicament plutôt qu’à une chirurgie. Le médicament peut être utilisé en début de grossesse (jusqu’à la septième semaine au Canada) et est enfin disponible sur le marché canadien.

Le problème, c’est que de nombreux médecins, pharmaciennes et pharmaciens qui veulent commencer à prescrire Mifegymiso et l’avoir un stock ne savent pas comment accéder à la formation ni comment commander le médicament. Voici une feuille de route pour tous les médecins, les pharmaciennes et les pharmaciens qui veulent offrir la pilule abortive mais ne savent pas par où commencer.

Êtes-vous médecin?

Vous pouvez accéder à la formation ici. Cliquez sur « Programme de formation sur l’avortement médical – Accrédité », puis sur « Inscrivez-vous ». Remplissez le formulaire et vérifiez que vous avez bien reçu une confirmation dans vos courriels. Lorsque vous aurez complété le cours, vous serez habileté(e) à prescrire Mifegymiso. Une fois le cours terminé, on vous demandera de fournir votre numéro de permis d’exercice de médecin. Le fabricant (Celopharma) communiquera ensuite avec vous pour que vous puissiez passer votre commande de Mifegymiso et l’avoir en stock.

Êtes-vous pharmacienne ou pharmacien ?

Vous pouvez accéder à la formation ici. Cliquez sur « Programme de formation sur l’avortement médical – Accrédité », puis sur « Inscrivez-vous ». Remplissez le formulaire et assurez-vous de cocher la case qui dit « Je suis pharmacien ». Lorsque vous aurez complété le cours, vous serez habileté(e) à maintenir un stock de Mifegymiso. Une fois le cours terminé, on vous demandera de fournir votre numéro de permis d’exercice de pharmacienne ou pharmacien. Le fabricant (Celopharma) communiquera ensuite avec vous afin pour que vous puissiez passer votre commande de Mifegymiso et l’avoir en stock.

Note: il est aussi possible de choisir la version non accréditée du cours si vous n’avez pas besoin de crédits de formation médicale continue ou ne désirez pas en recevoir. La version accréditée coûte 50.00 $ et un certificat vous sera fourni une fois le cours terminé. La version non accréditée est gratuite. N’importe qui peut suivre la version non accréditée du cours, mais seuls les médecins, les pharmaciennes et les pharmaciens qui pratiquent leur profession seront contactés par Celopharma après le cours pour passer une commande de Mifegymiso et l’avoir en stock.

Un ou une médecin qui complète le cours peut offrir Mifegymiso (et l’avoir en stock à sa clinique s’il ou elle le désire); un pharmacien ou une pharmacienne qui complète le cours peut offrir Mifegymiso aux médecins. Les médecins qui ne désirent pas tenir Mifegymiso en stock (ou qui n’ont pas l’infrastructure pour le faire) doivent trouver la clinique ou la pharmacie la plus proche qui est habilitée à offrir Mifegymiso et obtenir le médicament auprès de celle-ci.

Démarrez la conversation

Les médecins, les pharmaciennes et les pharmaciens tardent à suivre le cours. De plus, ceux et celles qui l’ont suivi sont principalement des prestataires de services d’avortement. Ce cours est une occasion en or pour les prestataires de services et les autres médecins (par exemple, les médecins de famille) d’aider à combler les lacunes qui entravent l’accès aux choix en matière de reproduction au Canada.

Entamons la conversation ! Posez des questions – si vous êtes un ou une prestataire de soins de santé, parlez-en à vos collègues; si vous êtes un client, une cliente, un patient ou une patiente, parlez-en à vos prestataires de soins de santé. Nous avons beaucoup de chemin à faire pour nous assurer que chaque personne au Canada a accès à toutes les options possibles quant à sa grossesse, mais nous pouvons éliminer les obstacles en travaillant ensemble.

Êtes-vous un ou une prestataire de soins de santé ? Cliquez ici pour téléchargez le guide SSG2017 ― il contient des conseils rapides pour parler de l’avortement de façon non stigmatisante.

 

 

Vous fournissez des soins post-agression sexuelle? Voici 10 choses que vous devriez savoir

  1. Les survivantes ne semblent habituellement pas blessées physiquement

La plupart des survivantes d’agression sexuelle n’ont pas de blessures physiques évidentes. Cela ne signifie pas qu’elles ne sont pas blessées physiquement, émotionnellement et spirituellement. On ne peut déterminer si une personne dit la vérité à propos d’une agression sexuelle en se basant sur son apparence.

  1. Les personnes qui ont été étranglées par un partenaire sont les plus à risque d’être assassinées

L’étranglement augmente considérablement le risque que la personne soit tuée par son partenaire lors d’une prochaine agression. Les déclarations d’étranglement devraient être prises très au sérieux et vous devriez discuter franchement avec les femmes de leurs risques actuels et de leurs plans de sécurité.

  1. L’étranglement peut causer de graves préjudices, voire le décès jusqu’à cinq jours plus tard

L’étranglement peut endommager des vaisseaux sanguins du cou et/ou fracturer de petits os à proximité des voies aériennes. Cela peut causer une enflure ou des saignements au cours des jours suivants. Il est très important que toute personne qui signale avoir été étranglée reçoive un examen médical complet (y compris une tomodensitométrie de la tête et du cou) et qu’elle soit avisée de retourner à la salle d’urgence en cas d’aggravation des symptômes.

  1. Une « trousse de viol » ne peut pas révéler si une personne a été agressée sexuellement ou pas

Tout d’abord, ce n’est pas une « trousse de viol », mais bien un examen médicolégal (ou examen à la suite d’une agression sexuelle). Cette évaluation médicale inclut la collecte d’échantillons qui pourraient être utilisés comme preuves, de même que la documentation objective et exacte de toutes les observations. Un examen médicolégal ne peut pas démontrer si une personne a été agressée sexuellement ou pas. Plusieurs patientes qui se présentent pour un examen à un des pires moments de leur vie sont déçues d’apprendre que nous ne pouvons pas leur donner de réponse. Des observations pourraient nous mener à une certaine conclusion, mais cela ne prouve pas l’agression. Ce qui m’amène au point no5…

  1. Ne vous attendez pas à trouver du sperme lors d’un examen médicolégal

La plupart des professionnels médicolégaux ne cherchent pas de sperme. Ils prélèvent tout simplement des échantillons et les remettent directement à la police, qui les acheminera à un laboratoire de police… où ils seront conservés jusqu’à ce qu’on reçoive l’ordre de les analyser. La plupart des prélèvements ne sont jamais analysés, parce que l’accusé plaide coupable, que l’affaire ne se rend pas devant les tribunaux ou que les résultats d’analyse n’importent pas (p. ex., « Je croyais qu’elle avait dit oui »).

  1. L’attente des résultats de l’analyse toxicologique peut être problématique

Il y a plusieurs choses à savoir à propos de l’analyse toxicologique. Premièrement, les résultats peuvent se faire attendre de 2 à 3 semaines. Pendant ce temps, si la survivante n’a pas porté plainte à la police, l’histoire se brouille et des preuves se perdent (lieux ou témoins). Deuxièmement, un résultat toxicologique positif ou négatif ne peut pas confirmer ou infirmer l’agression. Enfin, plusieurs drogues sont métabolisées et éliminées si rapidement qu’elles peuvent devenir indétectables. Tout cela est influencé par des facteurs comme la consommation de nourriture et d’eau, la santé du foie et des reins, des interactions médicamenteuses, le moment de l’ingestion, la quantité ingérée, la méthode d’administration de la drogue, la méthode d’analyse toxicologique, etc.

  1. Les ecchymoses ne peuvent pas être datées

La recherche est claire : il est inutile de vous accrocher à ce détail. Il n’existe pas de moyen objectif de établir qu’une ecchymose est vieille de trois heures ou de trois jours. Lorsque vous documentez une ecchymose à des fins médicolégales, décrivez sa forme, sa couleur, sa taille et son emplacement, mais évitez d’indiquer un délai dans lequel elle pourrait s’être produite.

  1. Un examen médical et médicolégal demeure utile même si la patiente a pris une douche, a changé de vêtements ou a fait autre chose qu’elle n’est « pas censée faire »

Peut-être que des preuves possibles auront été perdues au lavage, mais un examen médical peut aussi apporter une certaine tranquillité d’esprit. Nous pouvons quand même tenter de prévenir des infections transmissibles sexuellement et la grossesse. Il est encore possible de faire des tests; si l’agression remonte à moins de sept jours, des preuves peuvent être encore présentes. L’examen médicolégal ne sert pas seulement à recueillir des preuves – il contribue aussi au bien-être physique et mental de la patiente. Nous pouvons l’aider dans ses prochaines étapes pour guérir et avancer.

  1. Protéger les autres n’est pas le rôle de la survivante

Des amis, des membres de la famille et des professionnels bien intentionnés pourraient encourager le dépôt d’une plainte à la police pour éviter la même chose à quelqu’un d’autre. Mais ceci n’est pas le rôle de la survivante. On met de la pression sur elle et on utilise son sentiment de culpabilité pour l’inciter à faire ce que l’on considère comme juste. Le signalement à la police doit être envisagé à la lumière de plusieurs autres facteurs, que nous ne pouvons pas saisir entièrement. Un signalement peut faire la différence entre vivre en sécurité et être sans abri, être rejetée de sa famille ou perdre un emploi. Prévenir les agressions sexuelles futures n’est pas le rôle de la survivante. C’est notre rôle à tous, de dénoncer la violence contre les femmes et de tenir les gens responsables de leurs actions.

  1. Vous pouvez intégrer des pratiques de médecine légale dans vos soins

N’importe qui peut faire une évaluation médicolégale. Il suffit de mesurer et de décrire les blessures sans tirer de conclusion concernant ce qui s’est produit. Lors de tout examen médical, vous intégrez une approche médicolégale si vous utilisez des techniques d’évaluation défendables et si vous décrivez vos observations de manière objective. Voilà en quoi consistent des soins médicolégaux! Bien sûr, il y a plusieurs autres choses que vous pouvez faire pour intégrer la science médicolégale dans votre pratique. Si vous êtes intéressé-e à en savoir plus ou si vous avez des questions, laissez-nous un commentaire ci-dessous!

La Semaine SSG de 2017 est à nos portes!

La semaine de sensibilisation à la santé sexuelle et génésique (Semaine SSG) de 2017 se déroulera du 12 au 18 février et le thème de cette année sera « Prêt(e) pour des confidences sur l’oreiller? ».

La campagne de 2017 s’appuiera sur celle de l’an dernier (« Comment définiriez-vous votre relation? »), en invitant les fournisseur(-euse)s de soins de santé et les client(e)s/patient(e)s à « démarrer la conversation » afin d’assurer les meilleurs soins possibles.

Une communication ouverte entre les fournisseur(-euse)s de soins de santé et les client(e)s/patient(e)s est cruciale à la santé sexuelle et génésique.

Le 12 février, nous lancerons un manuel de référence rapide pour les fournisseur(-euse)s de soins de santé et une série de blogues mettant en vedette des fournisseur(-euse)s de soins de santé qui font une réelle différence. Nous serons également sur Facebook et Twitter! Suivez-nous à @srhweek ou téléchargez notre trousse de médias sociaux à www.semainessg.ca.

La nouvelle campagne et ses ressources seront accessibles sur www.semainessg.ca dès le 12 février. Vous ne pouvez plus attendre? Le site et tous les formidables outils de l’an dernier sont accessibles toute l’année; ils incluent des informations bilingues complètes, dignes de confiance, accessibles et actualisées sur la santé sexuelle et génésique, de même que des trucs et conseils pour évaluer et améliorer l’importante relation entre les fournisseur(-euse)s de soins de santé et les client(e)s/patient(e)s. Voyez par vous-mêmes!
Bien sûr, toute campagne a besoin de voix solides pour faire une différence. Aidez-nous à promouvoir la santé sexuelle et génésique, en cette Semaine SSG, en installant des affiches, en suivant @SRHweek sur Twitter et Facebook, en visitant www.semainessg.ca et en aidant à diffuser le message!

Vous avez besoin d’affiches? Pas de problème! Pour commander des exemplaires de l’affiche, cliquez ici et remplissez le formulaire de commande d’affiches. Nous serons heureux de vous en faire parvenir sans frais. Pour les graphiques de la campagne, les outils de médias sociaux, des fichiers PDF de l’affiche, et plus encore, visitez www.semainessg.ca dès aujourd’hui!

Et maintenant, démarrons la conversation!